EMISSION SPÉCIALE DELARUE: "J'AI SURVÉCU À UN ENDURO CATASTROPHE"
<< Préc. 1 2 3 Suivant >>
<< Préc. 2 Suivant >>
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 07-02-2011, à 16:05

ploermel78 a écrit :

A part Chalais et le Corbier, les autres j'y suis all


Eh bé raconte!!!!!!!!! J' avoue que je pensais un peu à toi en lançant ce post... expérience + style littéraire au top: tu es notre homme!!!

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
71 ans32103210 messages 117117 images
Posté le 07-02-2011, à 16:16
Trop tard pour aujourd'hui, j'ai pli

Moto(s) : KTM
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 07-02-2011, à 16:28

Laurent P a écrit :

Salut,

Pas vraiment un enduro catastrophe, mais mon PREMIER vrai enduro... souvenir impérissable !  🙄 


“Le circuit est cassant, les temps sont très larges, nous ne saurions trop conseiller aux débutants, même confirmés, de ne pas attaquer comme des malades, ils le regretteraient vide en se trouvant vidés avant d'avoir fini le premier tour. Enroulez !! »

Ces avertissements, lus à la va-vite avant le départ de l'épreuve, prennent toute leur signification lorsque je relis le document au lendemain de l'épreuve de Privas. Pour mon deuxième enduro, le hasard du calendrier a voulu que je me lance sur cette étape réputée difficile du championnat de ligue de Provence. Je n'ai pas été déçu …

Privas, dimanche 25 avril 04, 09h57, le signal du départ vient de nous être donné. Starter, 3-4 coups de kick, le 300 s'ébroue et, sans lui laisser de chauffer plus, je m'élance en seconde derrière les 3 autres pilotes de ma ligne, Stéphane et Philippe (avec lesquels j'ai effectué le déplacement) et un inconnu en 125 KX. Je pars sur un filet de gaz, en ayant à l'esprit le superbe claquage de bougie dont nous a gratifié il y a quelques minutes un concurrent parti plein gaz sur son 250 EC. Ma machine n'est pas sujette à ça, mais ça me gonflerai un peu de sortir la banane sur l'aire de départ, donc j'assure.
Nous accédons au CH1 par la route, en quelques minutes. C'est à partir de là que les hostilités commencent.

CH1-CH2, 23 Km, 40mn. Nous attaquons d'entrée par un sentier agrémenté de pierres et de racines se charge de nous chauffer les bras. Stéphane et Philippe, pressés d'en découdre, partent fort. Un peu trop pour moi, je préfère économiser mon physique en adoptant un rythme moins soutenu.
Ce premier tronçon est relativement roulant. A l'approche du CH2, sur une piste qui descend en lacets vers la vallée, j'aperçois mes 2 compagnons un virage en dessous, à moins d'une minute. Arrivé au CH avec 7 ou 8 minutes d'avance, je me fais une idée plus précise de la cadence à adopter. Je commence à avoir un peu mal au bras, mais ça devrait aller …

CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. La spéciale banderolée se situe sur le début de ce tronçon. Ayant effectué une reconnaissance la veille, je me souviens des 2-3 passages délicats. Je m'élance, bataille un peu pour placer la moto dans les premières épingles, puis termine la spéciale sans commettre de faute, si ce n'est un faux point mort dans l'ultime virage du parcours, là évidemment où sont massés la majorité des spectateurs… Bilan, 3'31, pas terrible, mais surtout le physique n'a pas apprécié ce rythme soutenu. Je repars en enroulant, espérant récupérer sur une partie un peu roulante. Le hic, c'est que je ne suis pas près de la voir, cette partie roulante. Le sentier que nous suivons commence à serpenter au pied d'une belle pente, c'est très sympa, jusqu'à cette bifurcation qui nous place dans la direction du sommet, sur un superbe chemin rocailleux qui doit être plus difficile à pied qu'à moto … Je me cale en seconde et suis les lacets serrés qui me paraissent interminables…
Heureusement, tout a une fin. Le sentier débouche sur la spéciale en ligne, non chronométrée au premier tour. Plus de bras, plus de souffle, j'enroule sans vraiment la reconnaître, mais également sans en voir la sortie, ce qui n'est pas gênant sur l'instant mais le sera beaucoup plus au tour suivant.
Cette partie du parcours ne m'épargne pas ; aux longs pierriers que je finis par aborder assis (plus de jambes, le 300 monte tout seul, en seconde sur un filet de gaz, merci Mr Gasgas) succèdent de copieuses descentes plus physiques encore. Je vis l'arrivée sur le CH2 comme un délivrance. Stéphane et Philippe sont là depuis 5 mn, il m'en reste une petite dizaine pour tenter de récupérer avant d'y retourner. Je bois comme une bonde et me gave de bidules énergétiques pendant que ces dames de notre assistance s'occupent du plein de la moto.
En remontant sur la moto, j'entends une bribe de conversation : « putain, il y a moins de bornes et plus de temps pour rallier le CH1, on va en chier… ».

CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Les pierriers et les descentes de ce tronçon, s'ils sont toujours aussi copieux, présentent l'avantage d'être entrecoupés de parties plus roulantes qui me permettent de respirer un peu. J'adopte un rythme carrément rando, avec pour objectif de sauvegarder impérativement le peu de forces qui me reste. A cette allure, l'impératif est de ne pas s'arrêter et de ne pas se louper. Une seule bonne galère, la moto à pousser ou à relever, et ce serait à coup sûr le coup de grâce ! Je m'applique à rouler propre, je passe du premier coup les quelques passages délicats et rallie finalement le CH1, toujours 5 mn après mes potes mais encore dans les temps… Je ne suis pas fatigué, je suis éclaté, mais l'état des autres pilotes étant proche du mien je n'envisage pas d'arrêter et repars pour une deuxième boucle.

2 ème tour, CH1-CH2, 23 Km, 40 mn. C'est vrai que c'est plus facile lorsque l'on sait a peu près ce qui nous attend, et qu'en plus 350 motos se sont chargé de virer les plus gros cailloux du milieu de la trace. J'ai encore baissé le rythme, les concurrents des vagues suivantes commencent à me doubler. Mais d'où sortent-ils cette énergie ?? Lorsque j'entends un moteur derrière moi, instinctivement je remets du gaz pour ne pas bouchonner et me décale dès que possible pour laisser passer ces brutes et reprendre une allure adaptée à mes petits bras. Mais s'écarter de la trace n'est toujours pas une bonne idée, je frappe fort de la roue arrière, qui passe immédiatement devant la roue avant et je chute comme une merde sous les yeux médusés des deux Yam qui me rattrapaient. Les 2 types repartent dès que je suis sur pied, le Gas est dans les broussailles, en vrac, je mets une bonne minute à le sortir de là, je suis vert. J'arrive au CH2 un peu court, seulement 3 ou 4 minutes d'avance. J'apprends que Philippe jette l'éponge, à bout de forces, Stéphane a des crampes aux avant-bras mais repart, je repointe donc avec lui pour la portion suivante dans laquelle j'ai tant galéré au premier tour…

2 ème tour, CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle avant d'arriver sur la spéciale banderolée, dans laquelle je me lance avec l'objectif premier de limiter les dégâts. Je force l'allure et m'efforce de rouler propre, mais dès le premier tiers du parcours un début de crampe me tue le bras droit. Pas top pour freiner fort ! Je fais ce que je peux, ne commets pas d'erreur (encore heureux à cette vitesse…) et boucle ce chrono dans la même seconde qu'au premier tour. Constant, quoi…

Je quitte la spéciale en jetant un œil inquiet vers le pan de montagne où j'en ai tant chié au premier tour, et vers lequel je me dirige maintenant (enfin, la moto se dirige…).

Le sentier rocailleux tient ses promesses, il me vide de mes dernières forces. J'arrive à l'agonie à l'entrée de la spéciale en ligne. J'essaie vainement d'attaquer sur les trente premières secondes, mais en entrant trop fort dans les courbes je n'ai pas l'énergie de tenir la moto et sors systématiquement trop large. Je reprends donc mon petit train de sénateur (en pleine spéciale !), le type parti 10 secondes derrière moi me dépasse à l'endroit où j'imagine se trouver la fin de la spéciale. Bizarre, je ne vois pas la cellule de sortie, c'est peut-être plus loin ? Je ré accélère un peu, assure sur deux dévers au fond desquels je ne me vois vraiment pas finir, toujours pas de cellule, ah un bout de banderole c'est peut-être là. Je passe une sorte de goulet et rend la main. Un 250 GAS me double alors, le couteau entre les dents, merde c'est pas la fin ? Je lui emboîte le pas, il me tire sur quelques lacets et on débouche enfin sur un chemin plus large. J'apprendrai plus tard que la fin de la spéciale se trouvait là… Bilan, 4'48, soit une vingtaine de secondes de plus que mes compagnons de jeux habituels.
Les chronos sont terminés, y'a plus qu'à rentrer à la maison, ou presque. Je suis toujours à l'agonie, je m'en remets complètement à la moto pour me tracter dans les côtes qui se succèdent. Un impératif, ne pas s'arrêter, ne pas tomber, rallier ce p.. de CH3 dans les temps, me reposer sur le dernier tronçon et me taper une bière fraîche au bar qui borde le parc fermé.
Je me traîne donc jusqu'au CH3, toujours sans pénalité. Royal !! Dans ma tête, l'épreuve est finie. Eh ben non…

2 ème tour, CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Cette dernière partie, que j'avais trouvé sympa au premier tour, sera un véritable chemin de croix. Je suis mort, plus de bras, plus de jambes, je fais 30 bornes assis. Juste après un CP, un sentier fort sympathique mi-terre mi-sable (en temps normal, j'adore) serpente entre les arbres avant de finir en grimpette sur une quinzaine de mètres. J'aborde la côte en première, en me disant que je fais une connerie mais que ça passera peut-être. Puis j'aperçois une dizaine de spectateurs sur la droite, et à ce moment précis je sais que ça ne passera pas. Quand il y a du monde, tu peux être sûr qu'il y a de la gamelle dans l'air ! Effectivement, à mi-côte, je patine, m'immobilise, reste 2 secondes en équilibre à tenter de trouver le sol côté aval, mais comme il me manque à cet instant au moins 30 cm de jambe gauche, la moto bascule et je me retrouve une jambe coincée sous la machine, tête et guidon vers le bas, à gueuler comme un putois. Impossible de sortir la botte de sous la machine, je gueule à nouveau à l'intention du groupe, et finalement un mec descend pour me relever la moto. Le saint homme. Je fais le tour de la machine, reprend mon souffle, et commence à m'escrimer sur le kick, moteur en prise et sélecteur inaccessible.
Je profite d'ailleurs de l'occasion pour envoyer un appel solennel aux constructeurs d'enduros 2T : METTEZ-NOUS DES DEMARREURS ELECTRIQUES !! Fin de la parenthèse.
Le 300 repart finalement au 4 ème coup de kick. J'enfourche la moto, passe la 2, martyrise l'embrayage sur la moitié restante de la côte, et reprend mon souffle en enroulant sur la piste enfin atteinte. Surtout, ne plus perdre de temps, atteindre le CH dans les temps !

J'arrive sur une des dernières difficultés, un ruisseau dont nous longeons le fond pendant quelques minutes, avec en point d'orgue un passage sur des palettes en bois suivi d'une marche grassouillette (le ruisseau n'est pas à sec). Bon, il y a des spectateurs plein de boue, ils poussent donc ça va passer. Je descends donc en seconde dans le trou, en visant les palettes, mais comme je n'ai plus de bras (je l'ai déjà dit, non ?) je loupe l'entrée de la trace et pose la roue avant à côté de la palette. Dernière solution avant l'engluement, les gaz. Je me cramponne au guidon, tourne la poignée en jouant sur l'embrayage ; le 300 s'arrache du fond, je tape la roue avant sur le milieu de la marche, l'avant se lève, l'arrière accroche la palette, tape à son tour la marche et je me retrouve tout étonné (mais moins que les spectateurs présents !) en haut de la difficulté. Je sors enfin du ruisseau, en folie, les lunettes à la main, et m'arrête au CP tout proche. Voyant ma tête, le type qui pointe mon carton me demande si je ne veut pas donner ma moto. Je n'ai pas la force de lui répondre, je suis à l'agonie, mais je sais que le CH1 est proche, que les difficultés sont derrière moi, et la seule inconnue reste le chrono.
Dernier sentier en descente, truffé de pierres et de racines, en fait le premier que nous avons emprunté ce matin, j'aperçois les voitures d'assistance. En arrivant au CH1, je cherche des yeux la KTM de Stéphane. Il est là, devant les drapeaux jaunes, à attendre l'heure de pointage. 5 mn d'avance, y'a rien là…

CH1-Parc fermé. Les derniers kilomètres s'effectuent par la route, c'est enfin l'occasion de passer la 6. On rentre les motos au parc, puis on retrouve notre staff à la terrasse du bar voisin. Je vire tout l'attirail et m'affale sur la première chaise disponible. Patron, une pression…


C'est dingue, on a tous vécu ça au moins une fois... Et pourtant à chque fois on en redemande! Merci de ce bon moment à te lire, Laurent!

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
66 ans21842184 messages 177177 images
Posté le 07-02-2011, à 16:52
 😂 Locunolé, Beaune, huelgoat sur 50cc mik 26 j'y étais !!! il faut que remémore tout ça et je raconte ..............dur dur en tous cas 🤬 

" Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chèrissent les causes " BossuetMoto(s) : motobylettes
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 07-02-2011, à 17:42
Ah oui, remémore, remémore!!!!

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
79 ans37993799 messages 243243 images
Posté le 07-02-2011, à 17:53
le corbier, beaune , je vais m'y mettre ! 😀

Moto(s) : monark
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 07-02-2011, à 19:21
Yessssssssss!

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
75 ans15921592 messages 6565 images
Posté le 07-02-2011, à 22:42
Pour moi, le pire souvenir sur le plan physique, c'est le Dakar 80 mais c'est déjà sur Dakardantan.
alors je vais vous parler de gaillefontaine 75. Environ 400 type au départ et moins de 50 à l'arrivée.
C'est ma première vraie saison et je rêve d'une première victoire. Je suis 7em au championat et j'ai caché à mon père que je fais de la moto. Pourtant, Gaillefontaine étant à 100 Km de chez lui, je me décide: "allo papa, que fais tu dimanche? Il y a une course de moto. Tu viens?Je cours.
(je passe sur les noms d'oiseaux liés à la désaprobation, mais le père vient voir la course).
Il pleut, il fait un froid de "connard" 🤭  on roule comme on peut.ornières, bourbiers sans fond, voie ferrées désafectées glissantes à souhait. Je découvre que ça passe mieux à fond et je suis a 100/110 sur les traverses gelées. A un moment donné un énorme trou de 2M de profondeur. Je le voit pas arriver et saute par dessus. Le soir, je compare les temps et je vois que seul jean-pierre matthieu est ds les mêmes temps que moi. je le lui fais remarquer et il me dit:" c'est que moi, j'ai pas vu un trou sur le ballast alors j'ai gagné du temps 🤭   SIC
le lendemain, c'est pire. La boue m'a fermé un oeil complètement. ds la spéciale du terrain de cross en calcaire mouillé, c'est du verglas. je crois que je me gauffre au moins 3 fois heureusement sans caler.
A un moment donné un type est enfoncé jusqu'au réservoir. Je me dis, il peux pas sortir seul et il n'y a plus personne en vue. Je pose la BPS et je sors son Ossa. Il me dit merci et je me casse.
A 1km de l'arrivée, je glisse ds un dévers et avant que je puisse me reprendre, un spectateur veut m'aider et attrappe ma moto par le silencieux. J'ai pas le temps de dire NOONNN pas par là:Crack il casse le pot.
Je fini la course et j'entends le skipper annoncer que j'ai le scrach. Enfin, la victoire.Je me dirige vers le podium et là, la même voix annonce que je suis mis hors course à cause du sonomètre.
Grosses larmes on s'en doute.
Quelques jours plus tard un journaliste vient chez BPS ou je suis employé à tout faire, car je ne suis pas encore sous contrat. Il voit mon N° sur le casque et me dit:" c'est toi le 82 de Gaillefontaine?
Oui, c'est moi. " ben je suis Gilles Mallet de motoverte et c'est moi que tu as sorti du bourbier. Je t'ai béni, j'étais mort. Depuis ce jour là, gilles à toujours eu un petit commentaire sympa sur mes prestations

Rouler dans les chemins, c'était mieux avant.......(Jacques " Pré-vert")Moto(s) : Ti Monos
75 ans15921592 messages 6565 images
Posté le 07-02-2011, à 22:49
"SPEAKER" : OF COURSE 🤭  👍 

Rouler dans les chemins, c'était mieux avant.......(Jacques " Pré-vert")Moto(s) : Ti Monos
67 ans12111211 messages 948948 images
Posté le 07-02-2011, à 23:48

lloret jean-pierre a écrit :

Pour moi, le pire souvenir sur le plan physique, c'est le Dakar 80 mais c'est déjà sur Dakardantan.
alors je vais vous parler de gaillefontaine 75. Environ 400 type au départ et moins de 50 à l'arrivée.
C'est ma première vraie saison et je rêve d'une première victoire. Je suis 7em au championat et j'ai caché à mon père que je fais de la moto. Pourtant, Gaillefontaine étant à 100 Km de chez lui, je me décide: "allo papa, que fais tu dimanche? Il y a une course de moto. Tu viens?Je cours.
(je passe sur les noms d'oiseaux liés à la désaprobation, mais le père vient voir la course).
Il pleut, il fait un froid de "connard" 🤭  on roule comme on peut.ornières, bourbiers sans fond, voie ferrées désafectées glissantes à souhait. Je découvre que ça passe mieux à fond et je suis a 100/110 sur les traverses gelées. A un moment donné un énorme trou de 2M de profondeur. Je le voit pas arriver et saute par dessus. Le soir, je compare les temps et je vois que seul jean-pierre matthieu est ds les mêmes temps que moi. je le lui fais remarquer et il me dit:" c'est que moi, j'ai pas vu un trou sur le ballast alors j'ai gagné du temps 🤭   SIC
le lendemain, c'est pire. La boue m'a fermé un oeil complètement. ds la spéciale du terrain de cross en calcaire mouillé, c'est du verglas. je crois que je me gauffre au moins 3 fois heureusement sans caler.
A un moment donné un type est enfoncé jusqu'au réservoir. Je me dis, il peux pas sortir seul et il n'y a plus personne en vue. Je pose la BPS et je sors son Ossa. Il me dit merci et je me casse.
A 1km de l'arrivée, je glisse ds un dévers et avant que je puisse me reprendre, un spectateur veut m'aider et attrappe ma moto par le silencieux. J'ai pas le temps de dire NOONNN pas par là:Crack il casse le pot.
Je fini la course et j'entends le skipper annoncer que j'ai le scrach. Enfin, la victoire.Je me dirige vers le podium et là, la même voix annonce que je suis mis hors course à cause du sonomètre.
Grosses larmes on s'en doute.
Quelques jours plus tard un journaliste vient chez BPS ou je suis employé à tout faire, car je ne suis pas encore sous contrat. Il voit mon N° sur le casque et me dit:" c'est toi le 82 de Gaillefontaine?
Oui, c'est moi. " ben je suis Gilles Mallet de motoverte et c'est moi que tu as sorti du bourbier. Je t'ai béni, j'étais mort. Depuis ce jour là, gilles à toujours eu un petit commentaire sympa sur mes prestations


Tu achète toujours Motoverte ! lol

Moto(s) : 125 DTMX-125 RM 1977- 125 RM 1978- HUSQVARNA WR1981 - 250 RM 1983- 125 KTM 1988 .
55 ans1121911219 messages 569569 images
Posté le 08-02-2011, à 00:01

Laurent P a écrit :

Salut,

Pas vraiment un enduro catastrophe, mais mon PREMIER vrai enduro... souvenir impérissable !  🙄 


“Le circuit est cassant, les temps sont très larges, nous ne saurions trop conseiller aux débutants, même confirmés, de ne pas attaquer comme des malades, ils le regretteraient vide en se trouvant vidés avant d'avoir fini le premier tour. Enroulez !! »

Ces avertissements, lus à la va-vite avant le départ de l'épreuve, prennent toute leur signification lorsque je relis le document au lendemain de l'épreuve de Privas. Pour mon deuxième enduro, le hasard du calendrier a voulu que je me lance sur cette étape réputée difficile du championnat de ligue de Provence. Je n'ai pas été déçu …

Privas, dimanche 25 avril 04, 09h57, le signal du départ vient de nous être donné. Starter, 3-4 coups de kick, le 300 s'ébroue et, sans lui laisser de chauffer plus, je m'élance en seconde derrière les 3 autres pilotes de ma ligne, Stéphane et Philippe (avec lesquels j'ai effectué le déplacement) et un inconnu en 125 KX. Je pars sur un filet de gaz, en ayant à l'esprit le superbe claquage de bougie dont nous a gratifié il y a quelques minutes un concurrent parti plein gaz sur son 250 EC. Ma machine n'est pas sujette à ça, mais ça me gonflerai un peu de sortir la banane sur l'aire de départ, donc j'assure.
Nous accédons au CH1 par la route, en quelques minutes. C'est à partir de là que les hostilités commencent.

CH1-CH2, 23 Km, 40mn. Nous attaquons d'entrée par un sentier agrémenté de pierres et de racines se charge de nous chauffer les bras. Stéphane et Philippe, pressés d'en découdre, partent fort. Un peu trop pour moi, je préfère économiser mon physique en adoptant un rythme moins soutenu.
Ce premier tronçon est relativement roulant. A l'approche du CH2, sur une piste qui descend en lacets vers la vallée, j'aperçois mes 2 compagnons un virage en dessous, à moins d'une minute. Arrivé au CH avec 7 ou 8 minutes d'avance, je me fais une idée plus précise de la cadence à adopter. Je commence à avoir un peu mal au bras, mais ça devrait aller …

CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. La spéciale banderolée se situe sur le début de ce tronçon. Ayant effectué une reconnaissance la veille, je me souviens des 2-3 passages délicats. Je m'élance, bataille un peu pour placer la moto dans les premières épingles, puis termine la spéciale sans commettre de faute, si ce n'est un faux point mort dans l'ultime virage du parcours, là évidemment où sont massés la majorité des spectateurs… Bilan, 3'31, pas terrible, mais surtout le physique n'a pas apprécié ce rythme soutenu. Je repars en enroulant, espérant récupérer sur une partie un peu roulante. Le hic, c'est que je ne suis pas près de la voir, cette partie roulante. Le sentier que nous suivons commence à serpenter au pied d'une belle pente, c'est très sympa, jusqu'à cette bifurcation qui nous place dans la direction du sommet, sur un superbe chemin rocailleux qui doit être plus difficile à pied qu'à moto … Je me cale en seconde et suis les lacets serrés qui me paraissent interminables…
Heureusement, tout a une fin. Le sentier débouche sur la spéciale en ligne, non chronométrée au premier tour. Plus de bras, plus de souffle, j'enroule sans vraiment la reconnaître, mais également sans en voir la sortie, ce qui n'est pas gênant sur l'instant mais le sera beaucoup plus au tour suivant.
Cette partie du parcours ne m'épargne pas ; aux longs pierriers que je finis par aborder assis (plus de jambes, le 300 monte tout seul, en seconde sur un filet de gaz, merci Mr Gasgas) succèdent de copieuses descentes plus physiques encore. Je vis l'arrivée sur le CH2 comme un délivrance. Stéphane et Philippe sont là depuis 5 mn, il m'en reste une petite dizaine pour tenter de récupérer avant d'y retourner. Je bois comme une bonde et me gave de bidules énergétiques pendant que ces dames de notre assistance s'occupent du plein de la moto.
En remontant sur la moto, j'entends une bribe de conversation : « putain, il y a moins de bornes et plus de temps pour rallier le CH1, on va en chier… ».

CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Les pierriers et les descentes de ce tronçon, s'ils sont toujours aussi copieux, présentent l'avantage d'être entrecoupés de parties plus roulantes qui me permettent de respirer un peu. J'adopte un rythme carrément rando, avec pour objectif de sauvegarder impérativement le peu de forces qui me reste. A cette allure, l'impératif est de ne pas s'arrêter et de ne pas se louper. Une seule bonne galère, la moto à pousser ou à relever, et ce serait à coup sûr le coup de grâce ! Je m'applique à rouler propre, je passe du premier coup les quelques passages délicats et rallie finalement le CH1, toujours 5 mn après mes potes mais encore dans les temps… Je ne suis pas fatigué, je suis éclaté, mais l'état des autres pilotes étant proche du mien je n'envisage pas d'arrêter et repars pour une deuxième boucle.

2 ème tour, CH1-CH2, 23 Km, 40 mn. C'est vrai que c'est plus facile lorsque l'on sait a peu près ce qui nous attend, et qu'en plus 350 motos se sont chargé de virer les plus gros cailloux du milieu de la trace. J'ai encore baissé le rythme, les concurrents des vagues suivantes commencent à me doubler. Mais d'où sortent-ils cette énergie ?? Lorsque j'entends un moteur derrière moi, instinctivement je remets du gaz pour ne pas bouchonner et me décale dès que possible pour laisser passer ces brutes et reprendre une allure adaptée à mes petits bras. Mais s'écarter de la trace n'est toujours pas une bonne idée, je frappe fort de la roue arrière, qui passe immédiatement devant la roue avant et je chute comme une merde sous les yeux médusés des deux Yam qui me rattrapaient. Les 2 types repartent dès que je suis sur pied, le Gas est dans les broussailles, en vrac, je mets une bonne minute à le sortir de là, je suis vert. J'arrive au CH2 un peu court, seulement 3 ou 4 minutes d'avance. J'apprends que Philippe jette l'éponge, à bout de forces, Stéphane a des crampes aux avant-bras mais repart, je repointe donc avec lui pour la portion suivante dans laquelle j'ai tant galéré au premier tour…

2 ème tour, CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle avant d'arriver sur la spéciale banderolée, dans laquelle je me lance avec l'objectif premier de limiter les dégâts. Je force l'allure et m'efforce de rouler propre, mais dès le premier tiers du parcours un début de crampe me tue le bras droit. Pas top pour freiner fort ! Je fais ce que je peux, ne commets pas d'erreur (encore heureux à cette vitesse…) et boucle ce chrono dans la même seconde qu'au premier tour. Constant, quoi…

Je quitte la spéciale en jetant un œil inquiet vers le pan de montagne où j'en ai tant chié au premier tour, et vers lequel je me dirige maintenant (enfin, la moto se dirige…).

Le sentier rocailleux tient ses promesses, il me vide de mes dernières forces. J'arrive à l'agonie à l'entrée de la spéciale en ligne. J'essaie vainement d'attaquer sur les trente premières secondes, mais en entrant trop fort dans les courbes je n'ai pas l'énergie de tenir la moto et sors systématiquement trop large. Je reprends donc mon petit train de sénateur (en pleine spéciale !), le type parti 10 secondes derrière moi me dépasse à l'endroit où j'imagine se trouver la fin de la spéciale. Bizarre, je ne vois pas la cellule de sortie, c'est peut-être plus loin ? Je ré accélère un peu, assure sur deux dévers au fond desquels je ne me vois vraiment pas finir, toujours pas de cellule, ah un bout de banderole c'est peut-être là. Je passe une sorte de goulet et rend la main. Un 250 GAS me double alors, le couteau entre les dents, merde c'est pas la fin ? Je lui emboîte le pas, il me tire sur quelques lacets et on débouche enfin sur un chemin plus large. J'apprendrai plus tard que la fin de la spéciale se trouvait là… Bilan, 4'48, soit une vingtaine de secondes de plus que mes compagnons de jeux habituels.
Les chronos sont terminés, y'a plus qu'à rentrer à la maison, ou presque. Je suis toujours à l'agonie, je m'en remets complètement à la moto pour me tracter dans les côtes qui se succèdent. Un impératif, ne pas s'arrêter, ne pas tomber, rallier ce p.. de CH3 dans les temps, me reposer sur le dernier tronçon et me taper une bière fraîche au bar qui borde le parc fermé.
Je me traîne donc jusqu'au CH3, toujours sans pénalité. Royal !! Dans ma tête, l'épreuve est finie. Eh ben non…

2 ème tour, CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Cette dernière partie, que j'avais trouvé sympa au premier tour, sera un véritable chemin de croix. Je suis mort, plus de bras, plus de jambes, je fais 30 bornes assis. Juste après un CP, un sentier fort sympathique mi-terre mi-sable (en temps normal, j'adore) serpente entre les arbres avant de finir en grimpette sur une quinzaine de mètres. J'aborde la côte en première, en me disant que je fais une connerie mais que ça passera peut-être. Puis j'aperçois une dizaine de spectateurs sur la droite, et à ce moment précis je sais que ça ne passera pas. Quand il y a du monde, tu peux être sûr qu'il y a de la gamelle dans l'air ! Effectivement, à mi-côte, je patine, m'immobilise, reste 2 secondes en équilibre à tenter de trouver le sol côté aval, mais comme il me manque à cet instant au moins 30 cm de jambe gauche, la moto bascule et je me retrouve une jambe coincée sous la machine, tête et guidon vers le bas, à gueuler comme un putois. Impossible de sortir la botte de sous la machine, je gueule à nouveau à l'intention du groupe, et finalement un mec descend pour me relever la moto. Le saint homme. Je fais le tour de la machine, reprend mon souffle, et commence à m'escrimer sur le kick, moteur en prise et sélecteur inaccessible.
Je profite d'ailleurs de l'occasion pour envoyer un appel solennel aux constructeurs d'enduros 2T : METTEZ-NOUS DES DEMARREURS ELECTRIQUES !! Fin de la parenthèse.
Le 300 repart finalement au 4 ème coup de kick. J'enfourche la moto, passe la 2, martyrise l'embrayage sur la moitié restante de la côte, et reprend mon souffle en enroulant sur la piste enfin atteinte. Surtout, ne plus perdre de temps, atteindre le CH dans les temps !

J'arrive sur une des dernières difficultés, un ruisseau dont nous longeons le fond pendant quelques minutes, avec en point d'orgue un passage sur des palettes en bois suivi d'une marche grassouillette (le ruisseau n'est pas à sec). Bon, il y a des spectateurs plein de boue, ils poussent donc ça va passer. Je descends donc en seconde dans le trou, en visant les palettes, mais comme je n'ai plus de bras (je l'ai déjà dit, non ?) je loupe l'entrée de la trace et pose la roue avant à côté de la palette. Dernière solution avant l'engluement, les gaz. Je me cramponne au guidon, tourne la poignée en jouant sur l'embrayage ; le 300 s'arrache du fond, je tape la roue avant sur le milieu de la marche, l'avant se lève, l'arrière accroche la palette, tape à son tour la marche et je me retrouve tout étonné (mais moins que les spectateurs présents !) en haut de la difficulté. Je sors enfin du ruisseau, en folie, les lunettes à la main, et m'arrête au CP tout proche. Voyant ma tête, le type qui pointe mon carton me demande si je ne veut pas donner ma moto. Je n'ai pas la force de lui répondre, je suis à l'agonie, mais je sais que le CH1 est proche, que les difficultés sont derrière moi, et la seule inconnue reste le chrono.
Dernier sentier en descente, truffé de pierres et de racines, en fait le premier que nous avons emprunté ce matin, j'aperçois les voitures d'assistance. En arrivant au CH1, je cherche des yeux la KTM de Stéphane. Il est là, devant les drapeaux jaunes, à attendre l'heure de pointage. 5 mn d'avance, y'a rien là…

CH1-Parc fermé. Les derniers kilomètres s'effectuent par la route, c'est enfin l'occasion de passer la 6. On rentre les motos au parc, puis on retrouve notre staff à la terrasse du bar voisin. Je vire tout l'attirail et m'affale sur la première chaise disponible. Patron, une pression…


joli récit   👍  👍 
le canari

le canari , Co-Webmaster du site  SUZUKI PURE ENDURO FRANCE
75 ans15921592 messages 6565 images
Posté le 08-02-2011, à 08:57

poulet48 a écrit :

Sûr qu'avec un 125 fantic (ou un 80 comme Francis!) ça devait être hard!!!
Personne pour nous raconter Le Corbier 74? (Quel fantasme de lire le reportage sur les revues à l'époque!)


Si Pascal, le corbier 74, mon premier enduro. BPS m'invite à le faire et me fait même l'assistance.
On arrive sous un beau ciel bleu. J'ai mis une grande couronne AR et je ne le regretterai pas. Des passages vraiment très hard. ça bouchonne de partout. Et le ciel qui se couvre d'un seul coup. La tempête de neige. J'ai jamais vu ça. En quelques heures, il doit y avoir au moins 80cm de neige. Tout les bruits sont étouffés. On entend plus les motos. J'ai l'impression d'être tout seul ds cette montagne. On a plus aucun repère. A un moment donné, je me tôle et arrache le cable de gaz. TOut le temps nécéssaire pour réparer, je ne verrai personne passer.
Je fini la boucle. Très loin.Le soir on annonce que l'enduro est annulé. Il faudra un temps fou pour redescendre ds la vallée sur la route verglacée avec le J7.
BPS me dit qu'on remettra ça plus tard...

Rouler dans les chemins, c'était mieux avant.......(Jacques " Pré-vert")Moto(s) : Ti Monos
71 ans32103210 messages 117117 images
Posté le 08-02-2011, à 09:05
Ma premi

Moto(s) : KTM
74 ans13121312 messages 307307 images
Posté le 08-02-2011, à 11:01
Je n'ai pas finis mon premier enduro, le + dur, Le Corbier 1973.
Il faut dire que je n'avais pas mis d'atout de mon côté avec ma Ducati 450 Scrambler (une 500 XT italienne de 150 kg)
Il y avait des côtes vertigineuses, et quand le couple du gromono reprenait l'adhérence, la moto se retournait !
J'ai finis par plier les tiges des deux amortos, et j'ai abandonné au CH2.
Je n'étais pas le seul 4T, il y avait aussi deux 250 XL Motosport, qui avaient l'air de mieux se débrouiller.
Grand souvenir: j'ai vu mes premières KTM, importées par "l'infame Keller" et les Monark.
Le parc était principalement rempli de Yamaha DT de 125 à 360.
Pour faire couleur d'époque, j'y étais allé en Panhard 24BT, dont l'échappement à rendu l'âme et je suis rentré à Lyon en échappement libre!

J'ai par contre survécu aux 500 bornes de Gaillefontaine, par équipes en décembre 1975, une longue ornière de boue du début à la fin.
Classé 39 ème et 12ème par équipe.
Malet, 2ème, et Dunac 3ème, Soulier (Zone 6), 13ème

Old biker than never !Moto(s) : Barigo 500 HB, Yamaha IT400, WR250R, 600 Ténéré, husky 258 Auto, 449 TE, 400 WRLC
71 ans32103210 messages 117117 images
Posté le 08-02-2011, à 14:06
Comment fait on pour

Moto(s) : KTM
Ce sujet ne contient pas encore d'image
Ce sujet ne contient pas encore de vidéo
<< Préc. 1 2 3 Suivant >>
<< Préc. 2 Suivant >>
95 connectés : 4 membres : Chris729 Crazy tiger TUTUF62 Vince Klorto, 91 invités et 30 Robots d'exploration.
LeGuideVert.com
95 connectés : 4 membres : Chris729 Crazy tiger TUTUF62 Vince Klorto, 91 invités et 30 Robots d'exploration.
95 connectés : 4 membres : Chris729 Crazy tiger TUTUF62 Vince Klorto, 91 invités et 30 Robots d'exploration.