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4 èME CROISIèRE VERTE 1981
Krauser80 | 66 ans | 170 Messages | 79 images | Blog Hors ligne
Sujet
Posté le 02-10-2018, à 19:17






4 ème Croisiere Verte 1981 ( La Croisière Infernale )
Organisation Thierry Sabine et Armée de terre, FFM et MC des Sables.
SOUVENIRS..........
L'aventure motocycliste de 4 poireaux dont 2 sur un side car OSSA 250.
Comme sponsors, puisqu'il en faut, la famille, " Secrétariat Express" à Cagnes
sur Mer, le moto club Laurentin à Saint Laurent du Var, les huiles Hafa de Nice,
le mécano détaché spécialement pour nous par Marc Moto concessionnaire Ducati à
Nice. la famille Stefanuccio, amis de toujours et propriétaires à l'époque d'un
atelier de rectification et reconstruction de moteurs,  la plus grosse partie de
la tune étant procurée par la vente de ma Norton Commando de 1971.
Aussi un grand merci aux journalistes de Nice Matin qui nous ont permis d'être
connus de tous nos voisins de palier.
L'équipe se compose alors de M. Roger Courret, actif président du Moto Club
Laurentin, ( malicieux comme le pied noir qu'il est ) et de son innusable
( incontournable ) 504 Peugeot, de Valérie Roussel ( 16 ans) passagère de
l'attelage, de Yves Rottier le pilote du truc a 3 roues et d'un mécanicien dont
le talent ne figurera pas à la postérité.
Le départ de cette épreuve organisée par Thierry Sabine débute le 1 er Aout 1981
au Touquet Paris Plage ( dans le NORD ) pour rejoindre la ville de Sète sur la
Méditerrannée  ( Cà on sait où c'est ! ) par 2400 km de chemins de terre au
travers de la France.
Nous sommes tous Niçois.
Pour cette gigantesque épreuve nous avions superbement préparé notre attelage,
pneu neuf a l'arrière, tension de la chaine, filtre à air de rechange, support
de road book découpé dans une plaque de plastique et phare de DTMX .
En prévision, une caisse à outils en fer soigneusement attachée avec un sandow
et, summum de la prépa, une roue de rechange pour le panier dans le coffre de la
Pigeot.
L'affaire est dans le sac . Y'a plus qu'à.
Départ programmé le 30 Aout en pleine migration retour de tous les Parisiens.
Ce fut notre première journée souvenir !
La 504 tire tranquillement la petite remorque avec le side car dessus. Au volant
Roger ( à l'époque c'était le seul à avoir le permis de conduire ) à ses côté
Bibi ( chef de bord lecteur de carte ), à l'arrière Valérie et le jeune mécano.
Le coffre de l'auto est bourré de jerrican de 20 litres de gasoil rouge, pour
les caler une cargaison de baguettes de pain et de boites de pâté pour survivre
à la semaine à venir. 2 duvets pour 4 et nous voilà sur l'autoroute du Soleil.
Plusieurs heures de route plus tard c'est la traversée de Lyon. La fatigue
commence à se faire sentir, alors direction une aire de repos. Mauvais présage,
la première est complètement saturée, nous continuons, deuxième, même schéma,
des poids lourds arretés sur la bande d'arrêt d'urgence, finalement nous faisons
de même on se gare entre deux et on décide de sommeiller sur le talus derrière
la glissière de sécurité.
La reprise est dure mais la route reprend. Finalement 18 heures  plus tard le 31
nous voilà arrivés en terre inconnue.
TOUQUET PARIS PLAGE, les NICOIS sont chez toi et ils veulent voir " tâ MER ".
Désolé mais elle s'est retirée pour aller voir les rosbeefs. Pas grave nous
reviendrons un peu plus tard. ( Ouais, là-bas il faut prendre rendez-vous pour
aller à la plage ) Drôle de BLED, ( parait qu'on dit LE NORD ! )
Alors en attendant, direction le contrôle administratif où là nous rencontrons
Thierry Sabine avec lequel nous engagerons une courtoise discussion. C'était un
homme simple, curieux, à l'écoute de tout. Il m'avait directement appelé par mon
nom, en même temps c'était facile, les sides cars ne courrent pas les rues !
Engagement, papiers, carte grise tout est OK, formalités remplies on glisse vers
le contrôle technique où 2 Gendarmes motocyclistes sont aux commandes.  Carte
grise SVP, plaque des mines, plaque d'immat, éclairage, contrôle sonomètre tout
est bon, on rentre l'attelage au parc.
Nous avons le dossart 211, dernier numéro, nous partirons demain à 10h30.
On a tout le temps pour reconnaitre le prologue et manger une glace en ville.
Celui-çi tracé sur l'hippodromme du Touquet est en fait de tremplins de palettes
de chantier pour sauter par dessus les lices du champ de course. Exercice très
technique pour ce qui nous concerne. On n'avait jamais eue l'idée de faire un
éxercice pareil avant.
Fin de notre première journée de 48 heures !
Ce soir Hôtel 4 ++++  nous dormirons sous l'escalier qui mène à la plage.
DEMAIN DEPART PREMIERE ETAPE  Le Touquet Epernay 470 km.
Prologue terminé nous traversons la ville, hâte que la piste s'offre enfin à
nous, elle est roulante, vallonée, très belle, sans pièges apparents à première
vue ! Sauf que, sauf que pour stabiliser certaines parties boueuses des pistes
les agriculteurs drainent les sols avec des matériaux de démolition. Et ce qui
devait arriver arriva ! Passage à pleine vitesse dans un champ de briques rouges
et pneu arrière explosé.
On sort le crick, les rustines , la pompe et les démontes pneus qui font 20 cm
de long. Le pneu est, disons, plutôt résistant et c'est un grand moment après
que nous redémarerons.
La piste est plutôt monotone, faite de petites collines où depuis leurs sommets
on peut se rendre compte de la platitude du nord de l'exagone.
Au loin nous apercevons une maison avec la cheminée qui fume. La piste
redescend, la maison disparait, sommet de colline suivant la maison réaparait,
mais ? ...... elle a bougé !!!!
Quelques kilomètres plus loin nous aurons l'explication. En fait c'était une
monstrueuse moissonneuse en plein travail et la cheminée fumante la poussiere de
blé !
Nous continuons notre course, toujours à fond ( 250/300 km/h ) rien
d'extraordinaire donc !
On se trompe souvent de direction, on revient en arrière, on visite la France en
quelque sorte, on en profite aussi pour perdre les 3/4 des vis du carter
d'embrayage et toute l'huile qu'il contient. Pas grave, on part en excurssion
pour trouver un village où nous achèterons un bidon de 5 litres d'huile, on en
remettra toutes les 1/2 heures.
On continue, encore et encore, toujours à fond et nous arrivons derniers et hors
temps à minuit et demi à Epernay. Valérie est restée debout dans le panier
pendant 14 heures.
Nous sommes un peu fatigués. Roger et le mécano dormiront à l'avant de la 504,
Valérie allongée sur le siège arrière et moi dehors sous le plancher du side.
DEUXIEME ETAPE  Epernay Mailly Le Camp 270 km + Endurance de 3 heures + spéciale
de nuit de 5 km.

Départ inverse du classement, nous partirons donc en premier, il pleut, nous
n'avons rien de prévu pour nous protéger. Pas grave. Nous roulons quelques temps
tranquille avant d'être rejoints par une équipe de fous furieux qui nous
doubleront avant de se mettre par terre devant le side sur un sol crailleux
rendu verglaçant par la pluie. On évite de justesse les motos à terre on roule
sur les cadavres et la course continue.
Gros bas de descente entre deux vallons, les ornières des tracteurs se font plus
profondes, plus profondes que la garde au sol du side, nous posons le chassis et
c'est immédiatement le tonneau par l'avant.
Pas de bobo en ce qui nous concerne, le side lui a mangé ! Plus de road book et
réservoir explosé. La réparation sera brêve, nous jettons tout ce qui est cassé
et redressons tout ce qui est tordu. Le réservoir sera rafistolé avec du scoth
americain. On continue.
Les pistes sont encore roulantes, la mécanique souffre, le carter d'embrayage
fuit toujours autant, ma botte gauche, pleine d'huile est devenue soudainement
très souple.
Au fil des kms les chemins se durcissent, ça devient moins évident.
Nous arrivons enfin sur le terrain militaire de Mailly le Camp où ma soeur et
son ami d'alors nous ont rejoint. Valérie en profite pour discuter un moment
avec elle.
Papotage fini, maintenant endurance de 3 heures dans les pistes à chars.
Pour ne pas être exclus il faut obligatoirement faire au minimum 1 tour de
circuit, ce sera motre seul tour, il faut rapidement colmater la fuite du
réservoir avant que le side ne prenne feu.
Tout le monde se met au travail et un gros coup de main plus tard, à grand
renfort de pâte a joint et de scotch une réparation définitivement provisoire
est réalisée. Tout le matos nous a été donné ou prété par les autres concurents
car nous n'avions absolument rien. Grand merci à tous pour la sportivité.
On se décontracte un peu en fumant quelques barres d'oxygène et direction
Mourmelon, 55 km de goudron pour une spéciale de nuit de 5 km. départ minuit.
Arrivés en avance sur place, longue attente, il pleut, nous sommes toujours dans
nos deux superbes tee shirt de cross OSSA, on en profite pour faire un petit
somme sous le panier du side.
C'est maintenant l'heure du départ de la spéciale dans la forêt,il fait nuit
noire, le phare du DTMX n'éclaire rien, le side fait du nautisme dans les
bourbiers. Finalement nous nous en sortons plutôt bien. Retour à Mailly par la
route re 55 km de goudron.
Pour le retour l'équipe d'assistance de l'autre side prendra Valérie dans leur
voiture, où elle s'y réchauffera et se reposera, je rentre seul au guidon.
TROISIEME ETAPE Mourmelon Dijon 450km
Le soleil est revenu, c'est mieux, nous n'avons toujous sur le dos que nos 2
superbes tee shirt OSSA, ils vont enfin sècher !
Aujourd'hui ce sont des chemins un peu particuliers, certains passages sont trop
étroits pour le side, ce sont des ponts de passage de cours d'eau faits pour les
bovins. Quand le gué n'est pas trop profond nous passons dans l'eau mais souvent
nous devons trouver un passage par le hameau d'à côté et de débrouiller pour
retrouver la bonne direction, c'est long et hazardeu.
Encore une rude journée où l'on restera en selle 10 heures.
On arrive à Dijon de jour, en pleine ville, béton partout et rien de prévu pour
camper, ceci dit nous n'avions rien de prévu non plus.
Donc scénario similaire aux autres jours, les deux garçons à l'avant de la 504,
Valérie sur la banquette arrière et pour moi gros changement, j'ai choisi de
dormir dans une magnifique jardinière au milieu du trottoir. La fatigue  aidant
à dormir plus profondément qu'avec un somnifère.
Réveil au petit matin, rien à bouffer, pas un rat ! Comme disait Coluche, LA
ZONE ! Pas un troquet, pas une mobylette. Et bien tient en voilà justement une,
certainement un jeune qui devait aller à l'école et qui s'est perdu !  Je lui
fais signe, il s'arrête, je lui explique le coup, lui file 50 balles et attend
qu'il me ramène des croissants pour l'équipe. Il part et je me dis, il ne
reviendra jamais !! Trop grosse somme pour un si petit achat...
Mauvais esprit de ma part ou gentil garçon de la sienne, il est revenu avec les
bonnes choses. Merci encore a toi, nous en avions vraiment marre du pâté au
petit dej du matin.
QUATRIEME ETAPE DIJON CLERMOND FERRAND   470 KM
La course reprend, Valérie remonte dans le panier pour sa journée de 35 heures.
Aujourd'hui ce sera du pilotage à la dure et nous traçon notre chemin jusqu'à ce
qu'une montée chère et grasse en sous bois ne nous mette le moteur à genoux.
La mécanique est rincée, je déculasse, horreur, les segments sont passés par
dessus le piston. Un autoctone nous indique un raccourci. Nous trouverons de
justesse le CP tenu par les militaires.
Nous sommes au milieu de nulle part.
Grace à la radio de leur Jeep les soldats arriveront à contacter quelqu'un, qui
connait quelqu'un, qui a vu notre 504 d'assistance et qui lui indiquera où nous
sommes.
Notre Saint Bernard ( Roger ) nous retrouvera !
Pour nous l'aventure vient de se terminer !
Nous retournons vers Nice heureux quand même, mais plus rien à manger, les
jerricans sont vides depuis longtemps, plus de tunes, pour peu on finissait en
poussant.
C'ETAIT TROP BON !
L'année 1982 ne pourra qu'être meilleure. Nous sommes allés en Espagne acheter
un deuxième moteur de OSSA. Avec ça on pouvait espérer un avenir radieux. Mais
l'attente sera longue, faute de budjet nous resterons à la maison !
Pour autant l'aventure n'en était pas finie. Le side a été vendu, pour nous tous
le  travail a repris le dessus et a fait que l'on s'est tous perdus de vue.
Jusqu'à ce que, 35 ans après, souvenirs de cette aventure magnifique revenue en
mémoire, Valérie et moi reprenions contact grâce aux réseaux sociaux.( Des fois
c'est bien !)
Maintenant j'ai 66 ans et Valérie toujours 13 de moins ( Ha bon ? ) nous sommes
heureux ensemble dans son exploitation agricole au milieu des animaux, le side à
été retrouvé et restauré. Il dort paisiblement maintenant à côté de nos deux
motos d'enduro.
Yves et Valérie.  Septembre 2018.
Et à tous ceux qui auront lû notre réçit, leur souhaitons de faire......... " LA
BELLE CROISIERE DE LA VIE "


VIVA | 59 ans | 5,068 Messages | 1,059 images | Blog Hors ligne
rep 1/29
Posté le 02-10-2018, à 19:48

  Merci d"avoir pris le temps de nous raconter tout cela  smiley_15  smiley_15  smiley_15 



Moto(s) : Montesas Hvas


Guzziphil | 52 ans | 163 Messages | 114 images | Blog Hors ligne
rep 2/29
Posté le 02-10-2018, à 20:50

Chouette histoire. Que de souvenirs.
C'était une autre époque.



Endurando29 | 55 ans | 137 Messages | 18 images | Blog Hors ligne
rep 3/29
Posté le 02-10-2018, à 21:02

Trop bon ...c est pas vieillir qui m'emmerde, c est d avancer dans ce monde qui n est plus celui de cette bonne epoque, où tout ou presque etait possible, meme une organisation approximative, aujourd hui tout le monde gueule si macron ne passe pas avec des bouteilles d eau dans les embouteillages de l A7 un jour de chassé croisé....



Moto(s) : 490 IT 1984 - 400 RD 1977 - 600 XR 1986


Youenn | 172 Messages | 55 images | Blog Hors ligne
rep 4/29
Posté le 02-10-2018, à 21:14

un seul mot : MERCI !  smiley_15  smiley_15  smiley_15 



Moto(s) : du rouge


Jeumsouvien | 61 ans | 3,204 Messages | 604 images | Blog Hors ligne
rep 5/29
Posté le 02-10-2018, à 21:26

Belle histoire smiley_03  smiley_15 



Toujours limité, jamais régalé!
Demain, j'enlève la gaine!
Fait main, mais uniquement avec les pieds!


Gipépé34 | 53 ans | 3,682 Messages | 643 images | Blog Hors ligne
rep 6/29
Posté le 02-10-2018, à 22:06

C est sympa de prendre le temps de partager cette aventure... smiley_07 



Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS


Alfred | 52 ans | 3,294 Messages | 1,715 images | Blog Hors ligne
rep 7/29
Posté le 02-10-2018, à 22:23
endurando29 a écrit :

Trop bon ...c est pas vieillir qui m'emmerde, c est d avancer dans ce monde qui n est plus celui de cette bonne epoque, où tout ou presque etait possible, meme une organisation approximative, aujourd hui tout le monde gueule si macron ne passe pas avec des bouteilles d eau dans les embouteillages de l A7 un jour de chassé croisé....





Merci les potes....Moto(s) : vtt


Crazy Tiger | 57 ans | 3,478 Messages | 1,461 images | Blog Hors ligne
rep 8/29
Posté le 02-10-2018, à 22:33

Oui, +1.
Belle aventure. C'est sûr que c'est une autre époque (Assurance, entre autres...).
Mais il fallait en vouloir pour vivre ça.
La gnac, quoi !
Et coup de chapeau particulier à la passagère qui n'avait même pas un petit "coussin" pour se poser de temps en temps... Tu as de la chance qu'elle ne soit pas rancunière  rire  rire 



Des freins ? Finalement, je vais y penser...Moto(s) : Dans l'ordre: TY 50, TY 125, TY 175 (merci Mr Rayer), SWM 320 TL, XR 600 87, XR 600 88, XR 600 89.

Krauser80 | 66 ans | 170 Messages | 79 images | Blog Hors ligne
rep 9/29
Posté le 03-10-2018, à 09:48

Merci a tous pour vos gentils messages. Comme disent certains, une autre époque ! Mais une belle époque. Aujourd'hui pour arriver à faire quelque chose il faut être banquier ou fils de ... !
C'est dommage, mais bon, je suis certain qu'il existe encore des courageux qui font cela dans leur coin,
anonymement et sans grands moyens.
Il ne faut pas grand chose pour être heureux.

Valérie avec ma sœur à Mailly le Camps avec des pansements sur ses mains.



Krauser80 | 66 ans | 170 Messages | 79 images | Blog Hors ligne
rep 10/29
Posté le 03-10-2018, à 09:50

Merci a celui qui me mettra la photo dans le bon sens  rire 



Crazy Tiger | 57 ans | 3,478 Messages | 1,461 images | Blog Hors ligne
rep 11/29
Posté le 03-10-2018, à 10:12

Et voilà... smiley_25 




Des freins ? Finalement, je vais y penser...Moto(s) : Dans l'ordre: TY 50, TY 125, TY 175 (merci Mr Rayer), SWM 320 TL, XR 600 87, XR 600 88, XR 600 89.

Gsac | 55 ans | 1,024 Messages | 92 images | Blog En ligne
rep 12/29
Posté le 03-10-2018, à 11:11
krauser80 a écrit :





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4 ème Croisiere Verte 1981 ( La Croisière Infernale )
Organisation Thierry Sabine et Armée de terre, FFM et MC des Sables.
SOUVENIRS..........
L'aventure motocycliste de 4 poireaux dont 2 sur un side car OSSA 250.
Comme sponsors, puisqu'il en faut, la famille, " Secrétariat Express" à Cagnes
sur Mer, le moto club Laurentin à Saint Laurent du Var, les huiles Hafa de Nice,
le mécano détaché spécialement pour nous par Marc Moto concessionnaire Ducati à
Nice. la famille Stefanuccio, amis de toujours et propriétaires à l'époque d'un
atelier de rectification et reconstruction de moteurs,  la plus grosse partie de
la tune étant procurée par la vente de ma Norton Commando de 1971.
Aussi un grand merci aux journalistes de Nice Matin qui nous ont permis d'être
connus de tous nos voisins de palier.
L'équipe se compose alors de M. Roger Courret, actif président du Moto Club
Laurentin, ( malicieux comme le pied noir qu'il est ) et de son innusable
( incontournable ) 504 Peugeot, de Valérie Roussel ( 16 ans) passagère de
l'attelage, de Yves Rottier le pilote du truc a 3 roues et d'un mécanicien dont
le talent ne figurera pas à la postérité.
Le départ de cette épreuve organisée par Thierry Sabine débute le 1 er Aout 1981
au Touquet Paris Plage ( dans le NORD ) pour rejoindre la ville de Sète sur la
Méditerrannée  ( Cà on sait où c'est ! ) par 2400 km de chemins de terre au
travers de la France.
Nous sommes tous Niçois.
Pour cette gigantesque épreuve nous avions superbement préparé notre attelage,
pneu neuf a l'arrière, tension de la chaine, filtre à air de rechange, support
de road book découpé dans une plaque de plastique et phare de DTMX .
En prévision, une caisse à outils en fer soigneusement attachée avec un sandow
et, summum de la prépa, une roue de rechange pour le panier dans le coffre de la
Pigeot.
L'affaire est dans le sac . Y'a plus qu'à.
Départ programmé le 30 Aout en pleine migration retour de tous les Parisiens.
Ce fut notre première journée souvenir !
La 504 tire tranquillement la petite remorque avec le side car dessus. Au volant
Roger ( à l'époque c'était le seul à avoir le permis de conduire ) à ses côté
Bibi ( chef de bord lecteur de carte ), à l'arrière Valérie et le jeune mécano.
Le coffre de l'auto est bourré de jerrican de 20 litres de gasoil rouge, pour
les caler une cargaison de baguettes de pain et de boites de pâté pour survivre
à la semaine à venir. 2 duvets pour 4 et nous voilà sur l'autoroute du Soleil.
Plusieurs heures de route plus tard c'est la traversée de Lyon. La fatigue
commence à se faire sentir, alors direction une aire de repos. Mauvais présage,
la première est complètement saturée, nous continuons, deuxième, même schéma,
des poids lourds arretés sur la bande d'arrêt d'urgence, finalement nous faisons
de même on se gare entre deux et on décide de sommeiller sur le talus derrière
la glissière de sécurité.
La reprise est dure mais la route reprend. Finalement 18 heures  plus tard le 31
nous voilà arrivés en terre inconnue.
TOUQUET PARIS PLAGE, les NICOIS sont chez toi et ils veulent voir " tâ MER ".
Désolé mais elle s'est retirée pour aller voir les rosbeefs. Pas grave nous
reviendrons un peu plus tard. ( Ouais, là-bas il faut prendre rendez-vous pour
aller à la plage ) Drôle de BLED, ( parait qu'on dit LE NORD ! )
Alors en attendant, direction le contrôle administratif où là nous rencontrons
Thierry Sabine avec lequel nous engagerons une courtoise discussion. C'était un
homme simple, curieux, à l'écoute de tout. Il m'avait directement appelé par mon
nom, en même temps c'était facile, les sides cars ne courrent pas les rues !
Engagement, papiers, carte grise tout est OK, formalités remplies on glisse vers
le contrôle technique où 2 Gendarmes motocyclistes sont aux commandes.  Carte
grise SVP, plaque des mines, plaque d'immat, éclairage, contrôle sonomètre tout
est bon, on rentre l'attelage au parc.
Nous avons le dossart 211, dernier numéro, nous partirons demain à 10h30.
On a tout le temps pour reconnaitre le prologue et manger une glace en ville.
Celui-çi tracé sur l'hippodromme du Touquet est en fait de tremplins de palettes
de chantier pour sauter par dessus les lices du champ de course. Exercice très
technique pour ce qui nous concerne. On n'avait jamais eue l'idée de faire un
éxercice pareil avant.
Fin de notre première journée de 48 heures !
Ce soir Hôtel 4 ++++  nous dormirons sous l'escalier qui mène à la plage.
DEMAIN DEPART PREMIERE ETAPE  Le Touquet Epernay 470 km.
Prologue terminé nous traversons la ville, hâte que la piste s'offre enfin à
nous, elle est roulante, vallonée, très belle, sans pièges apparents à première
vue ! Sauf que, sauf que pour stabiliser certaines parties boueuses des pistes
les agriculteurs drainent les sols avec des matériaux de démolition. Et ce qui
devait arriver arriva ! Passage à pleine vitesse dans un champ de briques rouges
et pneu arrière explosé.
On sort le crick, les rustines , la pompe et les démontes pneus qui font 20 cm
de long. Le pneu est, disons, plutôt résistant et c'est un grand moment après
que nous redémarerons.
La piste est plutôt monotone, faite de petites collines où depuis leurs sommets
on peut se rendre compte de la platitude du nord de l'exagone.
Au loin nous apercevons une maison avec la cheminée qui fume. La piste
redescend, la maison disparait, sommet de colline suivant la maison réaparait,
mais ? ...... elle a bougé !!!!
Quelques kilomètres plus loin nous aurons l'explication. En fait c'était une
monstrueuse moissonneuse en plein travail et la cheminée fumante la poussiere de
blé !
Nous continuons notre course, toujours à fond ( 250/300 km/h ) rien
d'extraordinaire donc !
On se trompe souvent de direction, on revient en arrière, on visite la France en
quelque sorte, on en profite aussi pour perdre les 3/4 des vis du carter
d'embrayage et toute l'huile qu'il contient. Pas grave, on part en excurssion
pour trouver un village où nous achèterons un bidon de 5 litres d'huile, on en
remettra toutes les 1/2 heures.
On continue, encore et encore, toujours à fond et nous arrivons derniers et hors
temps à minuit et demi à Epernay. Valérie est restée debout dans le panier
pendant 14 heures.
Nous sommes un peu fatigués. Roger et le mécano dormiront à l'avant de la 504,
Valérie allongée sur le siège arrière et moi dehors sous le plancher du side.
DEUXIEME ETAPE  Epernay Mailly Le Camp 270 km + Endurance de 3 heures + spéciale
de nuit de 5 km.

Départ inverse du classement, nous partirons donc en premier, il pleut, nous
n'avons rien de prévu pour nous protéger. Pas grave. Nous roulons quelques temps
tranquille avant d'être rejoints par une équipe de fous furieux qui nous
doubleront avant de se mettre par terre devant le side sur un sol crailleux
rendu verglaçant par la pluie. On évite de justesse les motos à terre on roule
sur les cadavres et la course continue.
Gros bas de descente entre deux vallons, les ornières des tracteurs se font plus
profondes, plus profondes que la garde au sol du side, nous posons le chassis et
c'est immédiatement le tonneau par l'avant.
Pas de bobo en ce qui nous concerne, le side lui a mangé ! Plus de road book et
réservoir explosé. La réparation sera brêve, nous jettons tout ce qui est cassé
et redressons tout ce qui est tordu. Le réservoir sera rafistolé avec du scoth
americain. On continue.
Les pistes sont encore roulantes, la mécanique souffre, le carter d'embrayage
fuit toujours autant, ma botte gauche, pleine d'huile est devenue soudainement
très souple.
Au fil des kms les chemins se durcissent, ça devient moins évident.
Nous arrivons enfin sur le terrain militaire de Mailly le Camp où ma soeur et
son ami d'alors nous ont rejoint. Valérie en profite pour discuter un moment
avec elle.
Papotage fini, maintenant endurance de 3 heures dans les pistes à chars.
Pour ne pas être exclus il faut obligatoirement faire au minimum 1 tour de
circuit, ce sera motre seul tour, il faut rapidement colmater la fuite du
réservoir avant que le side ne prenne feu.
Tout le monde se met au travail et un gros coup de main plus tard, à grand
renfort de pâte a joint et de scotch une réparation définitivement provisoire
est réalisée. Tout le matos nous a été donné ou prété par les autres concurents
car nous n'avions absolument rien. Grand merci à tous pour la sportivité.
On se décontracte un peu en fumant quelques barres d'oxygène et direction
Mourmelon, 55 km de goudron pour une spéciale de nuit de 5 km. départ minuit.
Arrivés en avance sur place, longue attente, il pleut, nous sommes toujours dans
nos deux superbes tee shirt de cross OSSA, on en profite pour faire un petit
somme sous le panier du side.
C'est maintenant l'heure du départ de la spéciale dans la forêt,il fait nuit
noire, le phare du DTMX n'éclaire rien, le side fait du nautisme dans les
bourbiers. Finalement nous nous en sortons plutôt bien. Retour à Mailly par la
route re 55 km de goudron.
Pour le retour l'équipe d'assistance de l'autre side prendra Valérie dans leur
voiture, où elle s'y réchauffera et se reposera, je rentre seul au guidon.
TROISIEME ETAPE Mourmelon Dijon 450km
Le soleil est revenu, c'est mieux, nous n'avons toujous sur le dos que nos 2
superbes tee shirt OSSA, ils vont enfin sècher !
Aujourd'hui ce sont des chemins un peu particuliers, certains passages sont trop
étroits pour le side, ce sont des ponts de passage de cours d'eau faits pour les
bovins. Quand le gué n'est pas trop profond nous passons dans l'eau mais souvent
nous devons trouver un passage par le hameau d'à côté et de débrouiller pour
retrouver la bonne direction, c'est long et hazardeu.
Encore une rude journée où l'on restera en selle 10 heures.
On arrive à Dijon de jour, en pleine ville, béton partout et rien de prévu pour
camper, ceci dit nous n'avions rien de prévu non plus.
Donc scénario similaire aux autres jours, les deux garçons à l'avant de la 504,
Valérie sur la banquette arrière et pour moi gros changement, j'ai choisi de
dormir dans une magnifique jardinière au milieu du trottoir. La fatigue  aidant
à dormir plus profondément qu'avec un somnifère.
Réveil au petit matin, rien à bouffer, pas un rat ! Comme disait Coluche, LA
ZONE ! Pas un troquet, pas une mobylette. Et bien tient en voilà justement une,
certainement un jeune qui devait aller à l'école et qui s'est perdu !  Je lui
fais signe, il s'arrête, je lui explique le coup, lui file 50 balles et attend
qu'il me ramène des croissants pour l'équipe. Il part et je me dis, il ne
reviendra jamais !! Trop grosse somme pour un si petit achat...
Mauvais esprit de ma part ou gentil garçon de la sienne, il est revenu avec les
bonnes choses. Merci encore a toi, nous en avions vraiment marre du pâté au
petit dej du matin.
QUATRIEME ETAPE DIJON CLERMOND FERRAND   470 KM
La course reprend, Valérie remonte dans le panier pour sa journée de 35 heures.
Aujourd'hui ce sera du pilotage à la dure et nous traçon notre chemin jusqu'à ce
qu'une montée chère et grasse en sous bois ne nous mette le moteur à genoux.
La mécanique est rincée, je déculasse, horreur, les segments sont passés par
dessus le piston. Un autoctone nous indique un raccourci. Nous trouverons de
justesse le CP tenu par les militaires.
Nous sommes au milieu de nulle part.
Grace à la radio de leur Jeep les soldats arriveront à contacter quelqu'un, qui
connait quelqu'un, qui a vu notre 504 d'assistance et qui lui indiquera où nous
sommes.
Notre Saint Bernard ( Roger ) nous retrouvera !
Pour nous l'aventure vient de se terminer !
Nous retournons vers Nice heureux quand même, mais plus rien à manger, les
jerricans sont vides depuis longtemps, plus de tunes, pour peu on finissait en
poussant.
C'ETAIT TROP BON !
L'année 1982 ne pourra qu'être meilleure. Nous sommes allés en Espagne acheter
un deuxième moteur de OSSA. Avec ça on pouvait espérer un avenir radieux. Mais
l'attente sera longue, faute de budjet nous resterons à la maison !
Pour autant l'aventure n'en était pas finie. Le side a été vendu, pour nous tous
le  travail a repris le dessus et a fait que l'on s'est tous perdus de vue.
Jusqu'à ce que, 35 ans après, souvenirs de cette aventure magnifique revenue en
mémoire, Valérie et moi reprenions contact grâce aux réseaux sociaux.( Des fois
c'est bien !)
Maintenant j'ai 66 ans et Valérie toujours 13 de moins ( Ha bon ? ) nous sommes
heureux ensemble dans son exploitation agricole au milieu des animaux, le side à
été retrouvé et restauré. Il dort paisiblement maintenant à côté de nos deux
motos d'enduro.
Yves et Valérie.  Septembre 2018.
Et à tous ceux qui auront lû notre réçit, leur souhaitons de faire......... " LA
BELLE CROISIERE DE LA VIE "

 smiley_15  smiley_15  smiley_19 
dom et francine



Moto(s) : hva

Krauser80 | 66 ans | 170 Messages | 79 images | Blog Hors ligne
rep 13/29
Posté le 03-10-2018, à 12:53

Merci Crazy Tiger ! Il devait me manquer l'entonnoir !





Lpz | Moderateur | 51 ans | 3,541 Messages | 767 images | Blog Hors ligne
rep 14/29
Posté le 03-10-2018, à 13:44

Respect  smiley_15 .J'adore lire ces évocations d'un temps passé ....et dépassé que bcp ne peuvent imaginer  rire  rire  rire  rire 



Moto(s) : ktm 82/83/86/89/kdx250/exc250 07 exc 300 6D 125 exc 09 maico 250 gme 86,250 gp92

 
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