ISDT VINTAGE BRIOUDE TEAM LA TRIPLETTE DE TOURS
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63 ans3232 messages 33 images
Posté le 06-10-2020, à 12:19
A chaque fois c'est pareil, je pense en avoir fini avec la préparation de suzy, mais c'est comme les stars, quand elles rentrent dans la salle de bain, on ne sait jamais quand elles vont en sortir. Elle, on fait un tour et je rentre pour resserrer, mettre du frein filet, arranger ma pédale de frein arrière qui remonte façon chopper.
Un mercredi après-midi, les copains m'emmènent pour la fameuse sortie de validation (on se croirait chez Ferrari à Fiorano...). Tout se passe à merveille, les chemins en sentiers caillouteux s'enchaînent, jusqu'à la pause. Vérification des roulements, et ... ça bouge ! Roulements de bras oscillant ! Je les ai en stock je crois, en fait non... Je commande en urgence, et recommande pour un rendez-vous à Brioude avec un fournisseur qui me connaît bien... Finalement, rien à faire, ils restent impossibles à extraire. Je remonte, rondelles de calage, et ça marche. Faut que je pense aussi à mon coupe-circuit...
Je charge la 406 (520 000 km, vintage un jour, ...) quatre jours avant, tout est prêt, revu 10 fois, même la remorque (les potes casseront un roulement avant Brioude le mardi).
J'ai un doute sur les pneus: allez, le mardi après-midi, fin du boulot à quinze heures, et je change les pneus, ma chaîne, des fois que neuve elle ne tienne pas la distance... J'en aurai une d'avance...
Je suis enfin parti, et là, la pression retombe. Trop bon de savoir qu'on a plus qu'à rouler ou presque.
J'arrive tard au gîte, les potes m'on gardé une grosse assiette de lasagnes (merci Anne-Marie!). Je descend en bas du gîte pou voir suzy: protection de bonbonnes d'amortisseurs absentes, Eric me conseille de poser des chambres à air. J'ai ça en magasin, je desserre mon levier de frein avant, vérifie un peu tout, re-répare mon coupe-circuit ...
La nuit se passe sans encombre, pas de réveil pour allez voir la moto qui piaffe d'impatience. Au matin, retour à mon guidon pour encore fiabiliser le coupe-circuit, pas constant dans ce qui lui sera pourtant demandé aux vérifications techniques (je sais, tout ça pour ça...). Il va marcher pourtant...

Moto(s) : 175 PE 1980 - Solex 2002 de 1959 et 1962 - 400 KTM EXC F 2009 -Yamaha 1300 XJR2007
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Posté le 06-10-2020, à 12:33
L'enduro, c'est un peu la routine: dès le premier jour, jusqu'au dernier, je prends la même route, aux mêmes horaires ou presque, pour avoir de l'avance. Pour une fois que je peux en avoir sur les horaires, je ne vais pas m'en priver. Encore un peu de mécanique, bouton de masse et poignée de gaz, révision du passage de câble (merci Alain !), faudra prévoir du neuf dans pas longtemps, celui-là venant de mon stock de pièces de VTT (un autre sport qui peut présenter bien des similitudes avec la moto - et le terrain est le même en moins vite, quant au moteur, on achète pas encore un piston de rechange... El Ricos essaie désespérément de démarrer la XR qui se refuse à ses avances. Je pars un peu inquiet, mais avec l'espoir que mon pote et tous ceux restés sur place vont arriver à la faire parler...
Arrivée au paddock, contrôles administratifs, l'ambiance est vraiment sympa et l'organisation au top. Je redescend, vérifie tout une dernière fois, colle les numéros (c'est beau...), et je pars pour le "technique". Passage un peu décalé par rapport à mon horaire idéal, (30' après l'administratif du matin), mais sinon, je n'aurai jamais eu le temps de tout vérifier. Cqfd. Même le coupe-circuit, qui marche.
Finalement tout se passe bien, j'ai même de la lumière à l'avant ET à l'arrière, et je coupe le moteur AVEC le coupe-circuit siouplai...
Entrée au parc, photos, et retour auprès de mes potes qui passent après. On croise du monde, on fait le lien de sels minéraux, on s'hydrate même sans qu'il fasse trop chaud, ça doit être la pression de la veille... Je croise des PE, ça fait gang avec les numéros qui se suivent. On fait des photos de la Triplette, terrasses animées de ceux qui en sont et des spectateurs, passionnés et autres habitants qui ajoutent à l'ambiance ou compatissent "ah les vieilles motos, pourquoi il a tout mis par terre...".
Je récupère quelques pièces, dont un coupe-circuit neuf acheté par potes en fin de matinée, au cas où. Là, je joue avec les probabilités...
Soirée tranquille, on est content d'être-là. Demain, c'est la course.

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Posté le 06-10-2020, à 14:36
Il fait beau, je roule en direction de la Chaumette, puis vers Brioude. L'enduro c'est la routine je disais : lever comme pour aller au boulot, 6h30 (en fait réveillé bien avant...). Le p'tit dèj avec les potes, levés bien que partant assez longtemps après moi. Gros écart entre le 181, les 308, 312, 402, 414 et 430.
Préparation, scotch avec les temps de pointage aux CH et petite balade à pied pour rejoindre en un quart d'heure l'entrée du parc fermé.
L'attente, avant la délivrance. Je retrouve suzy, au milieu d'autres motos jaunes. L'idée de se regrouper par couleurs... Je m'aperçois qu'au moment de l'appel vers le podium de départ, la montée n'est pas si évidente: un premier passage technique, il y en aura d'autres.
Présentation et palmarès des pilotes (le mien se limite à des participations aux enduros et diverses classiques depuis 40 ans, et mon investissement en tant que bénévole - c'est finalement ce dont je suis le plus fier, parce que côté vitesse entre les banderoles, y a pas de quoi se réjouir...). Je fais la connaissance de mes deux coéquipiers "horaires", Hugo et Fabio. Nous sommes souvent retrouvés en liaison ou en spéciale avec Hugo, et un des ses potes. Fabio, j'ai souvent roulé derrière, pas parce que je le rattrapais, non, ... Parce que j'essayer d'y rester, derrière le 175 Puch Classic 1. La classe dans les passages en montée, sur les dalles rocheuses, dans les virolés serrés en descente. En spéciale, je l'ai vu quand je partais avant, en prenant bien garde à ne pas le gêner, comme tous ceux qui m'ont doublé d'ailleurs. Merci à ceux qui m'ont fait un signe de remerciement, me faisant espérer que je ne les avais pas trop ralentis.
Départ, tout de suite dans le bain, les petites routes s'enchaînent, les chemins, et le premier sentier creusé au milieu des bois en montée. Un régal, si c'est comme ça tout le temps... J'arrive sur un champ se terminant par un petit pont, pour un gauche droite et chemin vers Verneuges 1. Gauche, droite, gauche avec le regard, mais pas avec la moto : 20 cm à gauche du pont, et je plante la roue avant , je me retrouve sous la moto, allongé dans le fossé. Ça commence bien.... J'aperçois un tracteur, un habitant "ça va p'tit gars rien de cassé ?" m'aide à me relever en soulevant la moto. Je prends le kick et tente pendant quelques minutes un redémarrage. Il me pousse et le moteur reprends sa musique métallique. J'inspecte un peu la moto en arrivant au CH1, rien d'anormal, je remets cependant le coupe-circuit en place...
Départ de la spéciale, tourner la poignée, rester dans les tours : les virages s'enchaînent, je suis dans les tours, j'aperçois Marin qui m'encourage, j'essaie de rouler propre. Quand soudain, descente, le moteur cale. What ? Je tente un redémarrage au kick en pleine pente, m'emmêle un peu les pinceaux, puis essaie vitesse enclenchée et elle repart. Des secondes perdues ou des minutes dans l'affaire, peu importe, on est là. Je m'approche de la fin de la spéciale, et rebelote, en montée et en dévers cette fois. Là je prends le kick comme un fou et elle repart. Je finis un peu désabusé, mais j'esquille la liaison et le CH 2 où il va pas falloir mollir. 3 km, un descente, le moteur cale ! P... ! et là miracle, j'accroche le coupe-circuit en reprenant le levier d'embrayage et elle redémarre. J'arrache de suite les fils du bouton, la cale, la redémarre nickel. J'ai fini la course sans aucun soucis (mais chut, ça se dit pas, ...) avec un fil noué autour du guidon et coincé le soir même sous le fameux bouton.
CH2 à Chazelles, puis passages à Cronce, descente (infernale, parfois les pieds au-dessus de la selle, en canard, on aurait dit une improvisation à Montpellier Danse... - quand je pense qu'on la remonte samedi... - ce qui ne sera finalement pas le cas), montée. Arrivée au CH 3, ravitaillement, 8 litres (et j'en remettrai autant au paddock avant la mise en parc fermé le premier soir - plus de 200 km de chemins et sentiers par jour, ...) et c'est reparti. On imagine pas à quel point la présence des copains à cet endroit en importante: des paroles rassurantes, une rapide inspection de la moto, s'alimenter, boire. Il sont presque une borne de recharge d'énergie, des boosters pour attaquer le CH4. Pour celui-là, je ne sais si c'est parce que je suis plus contemplatif qu'instantané, mais j'ai failli me prendre des pions à l'arrivée, juste avant Verneuges 2. Des paysages magnifiques, des points de vue, mais il faut un peu rouler quand même...
Le temps commence à se gâter, et je passe dans la spéciale près de Vieille Brioude juste avant l'averse. Je m'en sors pas trop mal, même si je suis timide sur les relances (doux euphémisme - au moins, les photographes pourront me shooter à loisir plusieurs fois par virage - en fait, les plus belles photos sont celles de ceux qui vont vite, couleurs filées en fond, l'esthétique du pilote qui pilote vraiment, pas pour essayer d'aller vite, mais pour gagner des secondes, ce qui n'est pas du tout la même chose).
Je rentre au paddock, entretien, mise au parc, et je retrouve mes potes: Alain37 ok, El Ricos prend 24' de pénalités en liaison, Eric H malgré des tentatives de réparation du circuit électrique abandonne la mort dans l'âme, ce qui ne lui arrive quasiment jamais, Hubert malgré des côtes douloureuses termine avec de bons chronos, tous comme Dominique qui roule l'enfer avec son 200 XR.
Retour au gîte pour une soirée genre coin du feu et dodo, histoire d'en garder pour les jours suivants... Non, j'exagère un peu, la tireuse à bière fait son office, discussions autour de la journée, anecdotes... Demain est un autre jour, ce sera "bienvenue en Finlande", où la Haute Loire apparaît autant boisée de sapins immenses que l'on croisera (ou rencontrera, c'est selon...) tout a long de la journée.

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Posté le 06-10-2020, à 15:22
Vendredi, deuxième jour. J'ai souvent repensé à la journée, pas trop dormi. J'ai aussi pensé à El Ricos et son "camion" dans les sous-bois. Courageux Eric, mais vaille que vaille, je sais qu'il arrivera, au pilotage et à l'énergie. Sportif ou pas, les difficultés sont les mêmes et si je peux me prévaloir d'une pratique régulière du VTT, des footings, de la rando, du ski et des activités "outdoor" ("en dehors de la porte", va comprendre...), même si ça peut jouer sur la récupération collective près du bar (véridique, on était dans un ancien hôtel, et dans la salle à manger, un bar de 4 mètres..., et dans l'autre au Rez-de-chaussée, une Maïco de 77 - plus belle déco, y a pas, quand je pense que je pourrais en rentrer au moins deux dans mon séjour, va falloir négocier...), n'empêche que je me dit qu'il va falloir tenir aussi.
Départ plein Nord, en direction des montagnes. Temps gris mais j'aime bien. J'arrive à la ligne, départ, et c'est gaz pendant pas mal de temps; Quand tu crois que c'est fini parce que tu arrives le long d'un champ en sortant de la forêt, paf, tu repiques à gauche et tu continue à faire miauler suzy qui n'en demandait pas tant. Je double, me fait dépasser par des avions en rase motte, c'est beau l'enduro - les dépassements d'un italien, d'une swm, ...- quand c'est bien fait, c'est comme tout. Arrivée de la spéciale en ligne, que j'aime par-dessus tout dans l'enduro traditionnel, je ne regarde même pas le chrono. Départ pour la suite de la liaison.
Des forêts immenses ponctuent nos CH, CH 2 dans une clairière et le CH3 à Champagnac où m'attendent Eric après son abandon et Daniel. Ravitaillement, des mots qui réchauffent, et c'est reparti. Un parcours plus "facile", mais avec quelques passages sévères, et un tremplin en bois (!...) d'un parcours de VTT DH que j'ai failli enquiller comme à la télé... Je passe sagement à côté, les minutes s'égrènent, et nous redescendons lentement vers la vallée, vers Brioude, sans oublier de repasser une deuxième fois dans la spéciale en ligne. Yes ! Re-passage en forêt, terre noire, ...
Arrivé à une route, j'aperçois Hugo-180 qui me fait signe que si on continue, on refait tous les CH. Je veux bien, c'était beau, mais on risque de rentrer tard...
On se déroute pour retrouver finalement le parcours, et arrivée à "EREA", la spéciale ou ou j'ai la délicatesse de caler toujours au même endroit. La routine je vous dit...
Un peu de boulot sur suzy pour lui refaire une beauté, et le parc. Sois sage, je reviens...

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Posté le 06-10-2020, à 16:09
Samedi matin, je retrouve suzy comme la veille, prête à rouler, en découdre avec les lacets de la maison et des spéciales du jeudi, en sens inverse. Ce qu'on a descendu, on va le monter, et ce qu'on a monté, on le descendra. Les parties sombres sont glissantes, les plus claires sont plus sèches, à moins que ça soit l'inverse (clin d'oeil à mes compagnons d'une virée au Maroc où ma théorie fumeuse les avait perplexes, je me rappelle encore des leur visages interrogateurs et vaguement inquiets sur l'art de passer le sable mou et les dunettes, le pire...).
Départ et direction Verneuges 1. Ça glisse, il a plu, et c'est une patinoire. Il va falloir en sortir surtout, après y être entré. Les dévers se prennent en haut ou en bas, je cherche l'herbe, relance, et les cellules tombent à point nommé. Un combat...
La liaison et une merveille de sentiers et chemins rocailleux, où la trace se lit comme un fil noirâtre, à la surface terreuse, les pierres sur les côtés (qui a balayé hier ? ...). C'est souvent comme ça au deuxième tour d'un enduro, sens inverse pou pas, les motos dégagent au fil des passages les cailloux sur les côtés de la trajectoire. Bonheur d'aller vite (un peu), de respirer à un rythme que l'on croit rapide et sûr. Une branche tapant dans le levier de frein avant, à droite, manque de me faire chuter, l'arrière voulant absolument finir avant moi sa trajectoire en perdition. Il doit y avoir la marque de mes bottes partout sur la selle, ... Je me rétablis et songe à la (peu) glorieuse incertitude du sport, où quand se croit arrivé, ben en fait on l'est pas. L'inverse est vrai aussi et réserve parfois de bonnes surprises, comme ces deux buts en finale d'un championnat d'Europe en 2000, qui nous font dire aux enfants depuis que rien n'est jamais perdu, preuve à l'appui.
CH2 et les copains, on passe à côté du gîte. Juste avant, la trace nous emmène au-dessus de Villeneuve d'Allier, de la vallée, et se prend parfois à admirer un paysage, à pense qu'on reviendra.
Direction le CH3, court, je roule bien et 'arrive en avance. 40 minutes dans le vent et la pluie, je trouve refuge sous une tente et j'attends que ça passe. J'échange quelques mots avec des pilotes et des suzy-bis. Drôle de CH, perdu au milieu de nulle part sur une route à un véhicule jour peut-être. On y reviendra...
Des chemins sur le plateau, à fond, pour le plaisir. J’y croise la route qui m’emmène au paddock tous les matins. Sympa.
Le CH4 se profile, Pascal , Daniel et Eric sont là. Pointage et départ pour Verneuges 4, la der. On va rouler propre, et c'est souvent là que finalement on surpilote en oubliant qu'il faut d'abord en sortir. Bref, j'y vais, le chrono a l'air bon, et c'est là qu'au final je m'aperçois que j'avais du mal à trouver ma position sur la moto. J'y suis presque, parfois recherchant l'échancrure (?!...) à l'avant des caches-latéraux, parfois me plaçant plus sur l'arrière, mais là, avec des reposes pieds aux dents proches d'un sanglier en fin de carrière, ça le fait pas. Une dernière grimpette se terminant par un ressaut. Anecdotique, mais pas quand on est debout en 2 et que le pied gauche ripe et rentre la première... S'en suit un soleil, un retourné de moto, je rattrape le guidon et la couche juste avant d'effectuer des roulés-boulés comme diraient les Purple helmets... Je me relève, pas de casse, je récupère ma PE, qui redémarre, un élan et ça passe nickel. Je termine, et m'en veut, j'étais sur un temps correct. Démobilisé, je rappris en pensant à mes copains qui vont trouver un drôle de terrain derrière. Tout s'est bien passé pour eux finalement.
Alors arrive EREA, la fameuse spéciale. Tradition oblige, j'y roule correctement et je cale dans le dernier petit bourbier, qu'on passe en l'enjambant si on est à pieds... Accélération cette fois sur l'avenue, et retour au paddock. Un peu de travail sur la moto, je regarde si rien n'a bougé. Solide, ma suzy. Allez, on rentre, je vais aux nouvelles de mes potes, tout a l'air d'aller, mais ça sent la fin. Je remonte au départ, j'y retrouve Thierry et Salwo venus le we, sympa. Un verre, des discussions et des projets en anciennes. On se retrouvera bientôt.
Retour au gîte un peu tard, apéro. "Lolo est content !".

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Posté le 06-10-2020, à 16:30
Dimanche matin, temps froid, pluvieux. Je pars comme d'habitude après quelques hésitations sur l'horaire de départ et de passage au cross final. Je réfléchis et tente de me rapprocher du parc et du départ, il manque quelques équipes et ça devrait passer malgré mon tickets" Paddock C3, fond de grille...". Je me retrouve à côté des italiens dans le paddock A, celui des grands. Un italien s'approche et le dit, "Lolo - il l'avait lu sur mon maillot...- ,  il y a des camions qui vont arriver, tu peux te décaler, mais si tu veux un café, tu peux aussi...". L'expresso avalé, je m'équipe et opte pour la tenue "mouillé", "boueux", les termes ne manquent pas pour qualifier un temps d'enduristes...
Départ avec un peu de mal à monter sur le podium, et je retrouve Pascal et Eric au départ des séries. Deux parapluies m'abritent, et je me retrouve derrière la grille. Un tour de reconnaissance "ça glisse comme j'imaginais pas" mais "pense à rien et envoie la purée"... La grille s'abaisse, et on part pour cinq tours, que j'effectue équerres après équerres, trajectoires mortes le long des rubalises. C'est quand la fin ?
Je galère, j'entends mes potes en haut d'un virage. Réflexion issue de mon éternel optimisme: ils auront au moins le temps de me voir... Buée sur les lunettes, boue sur l'écran, je vis ma vie mètre après mètre...
Fabio Balzarini me double, il gagne sa série en me prenant un tour, et je termine juste derrière lui la figure imposée du cross final. Je me réfugie comme d'habitude sous la tente de Pascal du Codever. Je rentre après quelques instants, passe par l'entrée du Parc une dernière fois "au revoir et merci", et je pars au nettoyage de la moto. Je trie mon matériel et mes fringues, heureusement que j'ai un break...
Retour au gîte, on attend les copains, on fête un peu, mais je pense qu'on aura l'occasion de remettre ça une fois reposés...
Je charge la moto, des au-revoir et accolades, les ISDT ont eu lieu malgré ce contexte mortifère, ou les précautions valent il est vrai plus que tout. On en mesure d'autant mieux alors le courage des personnes qui savaient qu'en l'organisant, il n'y aurait que peu ou pas de célébration, pas de repas à 1500 le vendredi soir, etc... Les pilotes sont courageux, mais les bénévoles qui oeuvrent pour que cela soit possible le sont tout autant.

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63 ans3232 messages 33 images
Posté le 06-10-2020, à 16:43
Epilogue - Voilà, c'est fini...
Je me retrouve pas très loin de l'A75, je vise un parking pour essayer de dormir un peu. Je n'y arrive pas. Je ne sais pas ce qui est le plus dur : Vivre un bel évènement, "souffrir" au sens sportif du terme, s'y préparer, ou rentrer seul, un peu à l'envers de l'histoire qui vient de se dérouler... Les uns remontent en Touraine ou plus loin, moi je descend. J'ai hâte de retrouver Isa, de raconter à mes enfants, aux copains, de partager encore et encore ces moments de vie.
Suzy est au garage ce soir. Depuis, des regards complices, nous deux savons ce que nous avons vécu, quelques photos affichées là ou il y a de la place le rappellent. Quelques petits soucis mécaniques ne feront jamais oublier son moteur plein de coffre pour un 175 quand on a besoin, et son ronronnement en liaison, rassurant.
Les moments importants, je pense que ce ne sont pas forcément de grandes choses, "importantes". Ce sont des moments qui une fois passés font que rien n'est plus jamais comme avant. Brioude 2020 fera à jamais partie de ces moments là.

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79 ans37993799 messages 243243 images
Posté le 06-10-2020, à 17:01
et ben tu vois , on a travaillé pour des gars comme toi ! 😀

Moto(s) : monark
59 ans90749074 messages 45754575 images
Administrateur
Posté le 06-10-2020, à 17:04
Superbe CR, captivant et bien écrit, bravo et merci !  👍 

Que des Yam ! 😍
71 ans688688 messages 18001800 images
Posté le 06-10-2020, à 17:43
Quelle jolie plume  😍 ,l'année prochaine ça donne envie d'y être.

Moto(s) : CZ KTM
70 ans60646064 messages 38613861 images
Posté le 06-10-2020, à 18:16
bravo  👍  👍 superbe compte rendu  👍  👍 MERCI

TeamjanvierMoto(s) : SUZUKI YAMAHA HONDA
64 ans1320113201 messages 25332533 images
Modérateur
Posté le 06-10-2020, à 18:22
Oui +1, super compte-rendu, Laurent. Belle vision de l'évènement.  👍 

Je ne crois pas à une vie après la mort, mais j'emporterai quand même un caleçon de rechange... (W. Allen)Moto(s) : Nennapu !
51 ans15781578 messages 218218 images
Posté le 06-10-2020, à 20:41
C'est vrai que ça donne envie de participer ( avec la marvin 50 gs  😳 ).
Super les CR !!!! On a l'impression de y avoir été  😍 

La dernière veste n'a pas de poches.Moto(s) : Herkules GS 50 / WSK 175
397397 messages 111111 images
Posté le 06-10-2020, à 20:53
 👍  👍  👍  👍  👍  👍 
les jours les plus longs, je sais pas, mais le CR le plus long, j'adore !

Moto(s) : du rouge
64 ans40944094 messages 27042704 images
Posté le 06-10-2020, à 21:09
On n'en attendait pas moins de notre académicien de Montpellier  👍 
Peut-être un jour le Goncourt pour les aventures verdeuses  🤔 
C'est vrai que d'un naturel réservé il n'est pas toujours facile de faire transparaître notre joie ce samedi soir après la troisième journée, de trouver les mots, mais elle était (et est toujours) bien présente et le restera.
La Triplette est partie à trois, elle est arrivée à trois   😉  
Cela avait pourtant mal commencé : la roue de ma remorque volage sur l'A75 le mardi, les problèmes de circuit d'allumage et de lumière sur la moto d'Elricos, le coupe circuit capricieux et la modification de la poignée de gaz de dernière minute sur la PE à Lolo le mercredi matin  🤬 
Comme quoi en enduro il ne faut pas s'énerver mais analyser, réfléchir, improviser, ne jamais rien lâcher et aller au bout tant que ça peut rouler  😉 
Le revival 2005, B18, B19 et Brioude 2020, rhââ lovely  😍 

On peut allumer des dizaines de bougies à partir d'une seule sans en abréger la vie. On ne diminue pas le bonheur en le partageant.Moto(s) : HM 230, Honda 200 XLR et125 SL, HVA 240 WR 82 et 390 WR 80, Suz 125 RM et RV 50 , Guzzi 50...
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