1965: L'ÉPOPÉE FRANÇAISE DES MORINI 150 CORSARO
Sujet
Dans son compte rendu des ISDT 1965 à l'Ile de Man, GEOCA évoque dans Moto Revue la présence de français au départ de cette épreuve. J'étais né depuis seulement 15 jours et des mecs partaient en découdre aux Olympic Games de la moto...
Depuis 2 ans je dénoue petit à petit les fils de cette histoire, j'ai réuni pas mal de matériel pour faire un article dans MCH, mais la piètre qualité des photos ne permet pas sa publication, je vous livre donc cette épopée sur le blog:
Depuis 2 ans je dénoue petit à petit les fils de cette histoire, j'ai réuni pas mal de matériel pour faire un article dans MCH, mais la piètre qualité des photos ne permet pas sa publication, je vous livre donc cette épopée sur le blog:
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
Les pionniers français de l’enduro des années soixante sont allés courir à l’étranger faute d’épreuve dans l’hexagone. La tentative la plus connue est celle de Marcel Seurat et Claude Thomas en 1968 à San Pellegrino. Seulement voilà, avant ces 2 aventuriers, il y a eu d’autres participations françaises aux ISDT et la mieux préparée et structurée fût celle de trois CRS motocyclistes en 1965, et ce n’est pas passé loin d’une médaille !
Leur histoire a pour point de départ le trial, en effet, la France était reconnue au plan international grâce à la renommée de ses épreuves, en particulier Grenoble en 1964. Des contacts furent établis entre la firme italienne Morini et les établissements français Couturier pour la mise au point et la commercialisation d’une Morini de trial. Début 1965, Monsieur Couturier a reçu quelques machines à cette fin. Moto Revue s’en est fait l’écho dans le n° 1742 de mai et présenta le projet dont le point de départ était une moto de « rigolarita », la Morini Corsaro en version 148 cc.
Leur histoire a pour point de départ le trial, en effet, la France était reconnue au plan international grâce à la renommée de ses épreuves, en particulier Grenoble en 1964. Des contacts furent établis entre la firme italienne Morini et les établissements français Couturier pour la mise au point et la commercialisation d’une Morini de trial. Début 1965, Monsieur Couturier a reçu quelques machines à cette fin. Moto Revue s’en est fait l’écho dans le n° 1742 de mai et présenta le projet dont le point de départ était une moto de « rigolarita », la Morini Corsaro en version 148 cc.
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
Cette machine fût dérivée d’une version routière et reçut des spécificités pour l’enduro. Côté moteur : arbre à came plus pointu, une culasse haute compression spécifique, des rapports de boite revus, 1ere et 2eme courtes associées à des 3eme et 4eme longues, un échappement surélevé, un filtre à air plus volumineux. Le châssis avait également été soigné : un arceau grillagé protège un phare plus petit, les roues sont de 19’ en pneus cross avec des moyeux à broches et axes à tirage rapide, le cadre était renforcé par des oreilles boulonnées afin de protéger les carters, les reposes pieds pouvaient pivoter sur un axe à 45° ou être bloqués, au choix, la selle était monoplace, le guidon fût remplacé par un modèle large avec barre de renfort. Enfin, le réservoir possédait deux compartiments, l’avant pour l’essence et la partie arrière pour l’huile qui lubrifiait la chaîne de transmission…Au global une belle moto très aboutie. Pour l’adapter au trial, Couturier envisageait de l’alléger et de l’équiper d’une roue avant de 21’. Par la suite l’usine devait prendre en charge directement les modifications et la machine de trial était annoncée à 3600 F.
Une Morini Corsaro restaurée dans un musée italien:
Pour des raisons que nous ignorons, la belle histoire de la Morini de trial va prendre une autre tournure…Les italiens ont sans doute livré des machines si abouties que nos protagonistes ont viré casaque pour l’enduro. Nous retrouvons leur trace peu après, fin juin, aux trois jours de Bergame en Italie, quatre français se sont engagés sur des 150 Morini en catégorie 175cc : Mouvet, Beltramelli, Gapin et Coilbaut. Malheureusement, à cette époque les italiens avaient déjà un goût prononcé pour le « moto-alpinismo » et l’âpreté de l’épreuve, même si elle bâtissait la légende des « Valli », a conduit également à l’abandon de nos 4 français dès le premier jour. Les Morini Corsaro ont été toutefois performantes car 4 des 6 modèles 125cc engagés par les italiens furent classés entre la 27ème place de Collina et la 53ème de Signorelli. Mais en cette année 1965 l’Italie en proie à des dissensions internes ne participa pas aux ISDT, de ce fait Sandro Dall Ara (49ème aux Valli) et son frère Franco, les gardiens du temple Morini, avaient oublié cette page de l’histoire de la marque et pensaient que les versions 150cc de la Corsaro n’étaient apparues qu’en 1967.
Une image d'une des 10 Morini Corsaro présentes aux Valli 1965:
Une autre image de Franco Dall'Ara sur 125 Corsaro mais en 1966, la grille de phare a disparu !
Une Morini Corsaro restaurée dans un musée italien:
Pour des raisons que nous ignorons, la belle histoire de la Morini de trial va prendre une autre tournure…Les italiens ont sans doute livré des machines si abouties que nos protagonistes ont viré casaque pour l’enduro. Nous retrouvons leur trace peu après, fin juin, aux trois jours de Bergame en Italie, quatre français se sont engagés sur des 150 Morini en catégorie 175cc : Mouvet, Beltramelli, Gapin et Coilbaut. Malheureusement, à cette époque les italiens avaient déjà un goût prononcé pour le « moto-alpinismo » et l’âpreté de l’épreuve, même si elle bâtissait la légende des « Valli », a conduit également à l’abandon de nos 4 français dès le premier jour. Les Morini Corsaro ont été toutefois performantes car 4 des 6 modèles 125cc engagés par les italiens furent classés entre la 27ème place de Collina et la 53ème de Signorelli. Mais en cette année 1965 l’Italie en proie à des dissensions internes ne participa pas aux ISDT, de ce fait Sandro Dall Ara (49ème aux Valli) et son frère Franco, les gardiens du temple Morini, avaient oublié cette page de l’histoire de la marque et pensaient que les versions 150cc de la Corsaro n’étaient apparues qu’en 1967.
Une image d'une des 10 Morini Corsaro présentes aux Valli 1965:
Une autre image de Franco Dall'Ara sur 125 Corsaro mais en 1966, la grille de phare a disparu !
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
Aux ISDT, les italiens auraient croisé le Capitaine Emile Mouvet qui ne baissa pas les bras et entraîna en septembre deux autres CRS dans l’aventure des six jours à l’Ile de Man, IOM pour les initiés. Monsieur J-A Couturier les accompagna dans ce périple et nous savons que les machines avaient été équipées de roues avant en 21’. L’équipe embarqua pour l’Angleterre puis pris un second ferry entre Liverpool et IOM, tout un périple en ce temps là ! Les Anglais avaient décidé que seuls les pneus trial seraient autorisés pour la course, un point favorable pour leur équipe de trialistes, dont Sammy Miller. Si l’île est petite, 15 km par 50 km, le relief est assez accidenté avec « the mountain » en son centre pour trouver des montées sévères qui contrastent avec les marécages et le sable sur le littoral.
Le 23 du mois S. Dion s’élança le premier jour de course avec le n° 90 pour deux tours de 160 km chacun, mais dès le début, il dérapa sur une partie du circuit du Tourist Trophy et sa belle roue avant fût détruite, impossible à réparer et comme il était interdit de la changer, le pilote fût contraint à l’abandon. Tant d’années après les faits cela reste navrant pour lui après un si long voyage.
S Dion, une image issue du film Shell sur les ISDT IOM 65:
E.Mouvet avec le n°118 fût pénalisé pour démarrage tardif, mais comme R.Cavaillié n°81 il terminera cette longue journée. Le parcours empruntait donc le circuit du TT, puis redescendait vers la mer par des chemins agricoles jusqu’à Cornea Beach, puis des marécages avec un gué délicat en diagonale pour arriver à la première spéciale, une course de côte sur un petit sentier étroit, puis la pointe nord de l’île, une deuxième épreuve chronométrée sur une plage de sable, un tronçon en forêt et pour revenir à Douglas une succession de vallées à franchir sur des chemins boueux et raides…sans pneus cross, thank you gentlemen !
Le badge de course de R Cavaillié trouvé en Angleterre par un passionné espagnol.
Le lendemain, même parcours pris à l’envers, les temps impartis restèrent ceux des moyennes faibles car la météo était humide. La Morini de Mouvet devait en être également perturbée car il fût à nouveau pénalisé au démarrage. A noter une épreuve d’accélération freinage à Sulby Bridge. Nos deux rescapés finirent avec 48 points de pénalités pour R. Cavaillié et 39 points pour le Capitaine. Ils étaient donc un peu « justes » en vitesse pour respecter les horaires. De plus, dans la nuit du mardi au mercredi l’IOM fût balayée par une terrible tempête maritime…
Une idée du relief de IOM:
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
Le 25 septembre, le circuit était au centre de l’île mais il faisait deux incursions en bord de mer pour totaliser 167 km à faire deux fois. La Morini de Mouvet démarra enfin bien en dépit de la pluie, mais le circuit étant transformé en bourbier il força l’allure sur un tronçon routier pour rattraper du temps, tout en oubliant que chez les anglais il fallait rouler à gauche, il heurta une voiture et finit la matinée à l’hôpital avec une fracture de la jambe.
Cavaillié fût le plus valeureux car il termina cette troisième journée au cours de laquelle la moitié des concurrents furent éliminés, malheureusement il rendit son carton avec 1h10 de retard, 70 points, dix minutes après la mise hors course ! Choix typiquement british, le parcours empruntait une partie de plage très étroite et en cette période d’équinoxe, le fort coefficient de marée associé à la tempête firent que des vagues déferlèrent par moment sur le tracé. Ainsi la Morini bût une bonne tasse d’eau de mer. Cavaillié parvint à réparer et la remettre en route mais avec 10 petites minutes de trop, le plus dur était fait sur ces 6 jours, quel dommage ! En 1965 nous aurions pu avoir le premier finisher français des ISDT d’après guerre.
Le compte rendu de GEOCA:
Bizarrement il n’y eut pas de suite à cette épopée des français sur les Morini, les hommes et leurs machines ne sont jamais réapparus en course. Mais ils ont écrit une des toutes premières pages de l’enduro « de chez nous », rendons leur hommage et la place qu’ils méritent dans l’histoire de notre discipline. Le leader du groupe, Mouvet, fût plus tard fâché avec le Rédacteur en Chef du mensuel « vert » qui avait l’hégémonie de la diffusion des connaissances relatives à l’enduro. Ces prémices de 1965 furent donc malheureusement laissés dans l’ombre…Jusqu’à il y a deux ans, quand un trialiste (encore le trial !), Stéphane Volondat, découvrit une Morini 150 Corsaro au fond d’une cave d’Argenteuil, un exemplaire survivant de cette aventure, heureusement il fît ce qu’il faut pour sauver le patrimoine…
La Morini 150 chez Stéphane:
Cavaillié fût le plus valeureux car il termina cette troisième journée au cours de laquelle la moitié des concurrents furent éliminés, malheureusement il rendit son carton avec 1h10 de retard, 70 points, dix minutes après la mise hors course ! Choix typiquement british, le parcours empruntait une partie de plage très étroite et en cette période d’équinoxe, le fort coefficient de marée associé à la tempête firent que des vagues déferlèrent par moment sur le tracé. Ainsi la Morini bût une bonne tasse d’eau de mer. Cavaillié parvint à réparer et la remettre en route mais avec 10 petites minutes de trop, le plus dur était fait sur ces 6 jours, quel dommage ! En 1965 nous aurions pu avoir le premier finisher français des ISDT d’après guerre.
Le compte rendu de GEOCA:
Bizarrement il n’y eut pas de suite à cette épopée des français sur les Morini, les hommes et leurs machines ne sont jamais réapparus en course. Mais ils ont écrit une des toutes premières pages de l’enduro « de chez nous », rendons leur hommage et la place qu’ils méritent dans l’histoire de notre discipline. Le leader du groupe, Mouvet, fût plus tard fâché avec le Rédacteur en Chef du mensuel « vert » qui avait l’hégémonie de la diffusion des connaissances relatives à l’enduro. Ces prémices de 1965 furent donc malheureusement laissés dans l’ombre…Jusqu’à il y a deux ans, quand un trialiste (encore le trial !), Stéphane Volondat, découvrit une Morini 150 Corsaro au fond d’une cave d’Argenteuil, un exemplaire survivant de cette aventure, heureusement il fît ce qu’il faut pour sauver le patrimoine…
La Morini 150 chez Stéphane:
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
Contrairement à l'inscription sur le réservoir cette machine est bien une 150cc, le démontage du haut moteur en a apporté la confirmation:
Malheureusement Stéphane a eu un grave accident de la circulation en 2 roues, et il ne lui est plus possible de conduire une moto, il a donc abandonné son projet de restaurer cette Morini. Bien entendu cette affaire ne pouvait en rester là et la machine est désormais à l'abri dans une grange en attendant de retrouver sa splendeur d'antan.
Michel Bouteillé a participé au sauvetage et n'a pas résisté au plaisir de voir comment ça fait:
Thierry Notolla et Didier Paysan ont également été acteurs du transfert vers le sud de la mamie.
Les pièces nécessaires à sa remise en état sont réunies:
Toutefois cette machine ne porte pas de trace de perçage caractéristique du plombage pratiqué à l'époque pour les ISDT, elle fait partie de la série mais pas des trois machines de l'IOM, en plus sa roue avant est en 19'.
Un modèle restauré en Italie:
Voilà c'est tout pour le moment, à suivre !
Malheureusement Stéphane a eu un grave accident de la circulation en 2 roues, et il ne lui est plus possible de conduire une moto, il a donc abandonné son projet de restaurer cette Morini. Bien entendu cette affaire ne pouvait en rester là et la machine est désormais à l'abri dans une grange en attendant de retrouver sa splendeur d'antan.
Michel Bouteillé a participé au sauvetage et n'a pas résisté au plaisir de voir comment ça fait:
Thierry Notolla et Didier Paysan ont également été acteurs du transfert vers le sud de la mamie.
Les pièces nécessaires à sa remise en état sont réunies:
Toutefois cette machine ne porte pas de trace de perçage caractéristique du plombage pratiqué à l'époque pour les ISDT, elle fait partie de la série mais pas des trois machines de l'IOM, en plus sa roue avant est en 19'.
Un modèle restauré en Italie:
Voilà c'est tout pour le moment, à suivre !
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
superbe JPP
merci de nous cultiver 😎 😎 😎
ca doit etre un sacré boulot de recherche 😕 😕
elle est pas mal cette petite moto 😍
le canari
merci de nous cultiver 😎 😎 😎
ca doit etre un sacré boulot de recherche 😕 😕
elle est pas mal cette petite moto 😍
le canari
le canari , Co-Webmaster du site SUZUKI PURE ENDURO FRANCE
Arghhhhhhhhhh ma petite Ducati Scrambler ne va plus être toute seule !!!
Bravo JPP ... Tu es sur la bonne voie ...
Bravo JPP ... Tu es sur la bonne voie ...
Même pas peur !!!Moto(s) : Une TOBYLETE de Course ...
merci les gars !
ce qui me plait bien sûr c'est le côté "historik" de cette histoire...
+ les français avaient des 150 bien avant les italiens
+ c'était le tout début des Corsaro qui vont plus tard tout gagner
+ Put'...ils étaient pas loin d'y arriver !
ce qui me plait bien sûr c'est le côté "historik" de cette histoire...
+ les français avaient des 150 bien avant les italiens
+ c'était le tout début des Corsaro qui vont plus tard tout gagner
+ Put'...ils étaient pas loin d'y arriver !
Moto(s) : Bul' 350 Sherpa Kawa 250KX 125KS
je suis deçu !
depuis que j'ai vu les culbuteur ds la culasse je pensai a quelque chose de plus "noble"genre act entainer par couple conique
c'est quand meme une belle moto
c'est pour quand la sortie de grange?
maintenant que tu nous as mis l'eau a la bouche
jean luc
depuis que j'ai vu les culbuteur ds la culasse je pensai a quelque chose de plus "noble"genre act entainer par couple conique
c'est quand meme une belle moto
c'est pour quand la sortie de grange?
maintenant que tu nous as mis l'eau a la bouche
jean luc
Moto(s) : Portal, BPS et Maïco
MERCIIIIIIIIII 👍
Il me tarde de te voir sur cette petite machine!!!!!!! 🤭
Il me tarde de te voir sur cette petite machine!!!!!!! 🤭
Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
dit Mc gyver
tu nous fais croire que tu es pas au courant de cette restauration 😎
toi le pro de la méca de la région de JPP 😂
m étonnerait que tu n y mette pas un peu de tes talents 😎
le canari
tu nous fais croire que tu es pas au courant de cette restauration 😎
toi le pro de la méca de la région de JPP 😂
m étonnerait que tu n y mette pas un peu de tes talents 😎
le canari
le canari , Co-Webmaster du site SUZUKI PURE ENDURO FRANCE
et merde ! j'ai ecrit une demi-heure et tout s'est effacé, zut !
Moto(s) : monark
Bravo pour ce bel historique ! 👍 Pour ma part j'ai franchement hate de voir cette moto restauré , puis rouler sur des courses qui la mérite , de vraies belles courses de mémères . 😉 En tout cas l'ancien propriétaire peut être rassuré elle est vraiment dans de bonnes mains . 😀 😀
DIDIER- Team Paysantini Avanti
Et pourtant la vie continue ...
Le Canari a écrit :dit Mc gyver
tu nous fais croire que tu es pas au courant de cette restauration 😎
toi le pro de la méca de la région de JPP 😂
m étonnerait que tu n y mette pas un peu de tes talents 😎
le canari
jure je l'ai meme jamais vu
et puis le grand il me dit pas tout
Moto(s) : Portal, BPS et Maïco
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