EMISSION SPÉCIALE DELARUE: "J'AI SURVÉCU À UN ENDURO CATASTROPHE"
1 2 Suivant >>
1 Suivant >>
Sujet
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 06-02-2011, à 16:43
Sujet
Tout est dans le titre!
Vous qui avez survécu à une de ces terribles épreuves qui ont marqué l'histoire de l'enduro ( Le Corbier, Gaillefontaine,Cros, Huelgoat, Beaune, Loudun, Chalais etc...) , racontez nous!
Ca nous interesse, et en plus ça vous fera du bien, vous dont les nuits sont encore peuplées de cauchemards!

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 06-02-2011, à 16:45
Bon, alors pour lancer le sujet,  je commence…

Oui, j’ai survécu à Chalais 82. Enfin survécu est un bien grand mot… j’ai fini, le premier jour, quoi, le deuxième ayant été le cadre d’une grève sauvage qui m’a bien arrangé je l’avoue.

Première épreuve du championnat 82, tout s’annonçait pour le mieux. JMO et moi avions été chargés de convoyer le jeune Alain Boissonnade, qui venait de signer chez Peugeot, et convoqué le vendredi après midi, sur place pour une séance de testing. Son frangin nous avait confié sa R17 TS  et nous somme partis tôt le vendredi matin, pour être à Chalais vers 14h.

Une fois là bas, je vous passe l’émerveillement de cotoyer le team officiel Peugeot, et notamment Daniel Delavault qui était une de nos idoles…

L’équipe du MCL est arrivée plus tard, transportant les motos et le matériel. Logés dans un hôtel sympa, on ne se doutait pas de ce qui allait nous arriver le lendemain. On rentre les motos au parc, mais déjà l’info circule comme quoi il a plu sans interruption 3 semaines avant la course, jusqu’au jeudi soir, et que ça risque d’être un peu humide.

Samedi matin, c’est mon tour ! Départ sur une petite passerelle en béton, ça coule fort dessous… hum !La peur au ventre j’écoute le tit-tit-tit tiiiiiiiiiiit de l’horodatrice et c’est parti, je kicke ma 250 TF3 ça démarre du premier coup. Je pars avec 2 jeunes en 125 SWM… Je ne les reverrai jamais !!!
On traverse un lotissement, 2 ou 3 virages à angle droit et le premier chemin, tracé au bull dans une lande qui a brûlé. Fastoche, c’est un peu gras, sans plus ; tiens, une flaque. Pas moyen de l’éviter, le chemin est creusé, entouré de 2 talus. Ah mais c’était pas une flaque ! Mais un gouffre, la moto y rentre en entier, il y a juste le guidon qui sort, j’ai de l’eau jusqu’à la taille ! Heureusement la moto est neuve y a des chevaux, et elle s’extrait de là en force… mes deux compères du départ y termineront leur enduro, moto noyée !

Après on s’enfonce dans les bois, des chemins de tracteurs, dont les 2 ornières sont pleine d’eau, et au milieu s’est formé une ornière étroite faite par les motos, et glissante ! les muscles du dos en feu (on roule les deux pieds en skis en permanence) il faut en plus s’enfiler des gouffres sans fond. Je sors un mec en KTM qui a calé dans un des ces trous et qui est coincé sous sa moto, arrivant juste à maintenir sa tête hors de l’eau… L’enfer ! en plus le bras « banane » des TF3, si joli, se pose sur les bords de l’ornière et soulève la roue arrière : ne surtout pas ralentir sous peine de blocage !
1er CH, Jean marc est là, et me dit que tous les inters pointent en retard. Moi aussi bien sûr…
A la sortie du contrôle une grande montée dans la marne, des épaves partout, ça remonte le moral !!! Ma fidèle swoume me hisse en haut, sur le plateau qui suit, c’est l’apocalypse ! On serpente dans les marnes, ça glisse comme du verglas et il y a plein de grandes saignées qui ne demandent qu’à nous engloutir ! Je reconnais la 175 SWM de Cassignol, plantée dans une crevasse comme le Titanic, roue arrière à 80 cm du sol !

Après ça se calme un peu, on roule dans les vignes, ça glisse terriblement, il faut serrer les fesses. Je ne me souviens plus de tout mais deux trois anecdotes que peut être d’autres ici on connu…
A moment donné on roulait sur une voie rapide, construite sur un talus, puis d’un coup à côté d’un pont, la foule… Je me dis « ça doit craindre » . Le circuit quitte la route vers la droite, dans les fougères. Sans freins depuis un moment, j’arrive à ralentir, je tourne et me trouve face à un mur d’au moins 4 mètres, à pic ! c’est le circuit, oui oui ! Impossible de m’arreter je m’y jette avec un peu d’élan, et bien sûr m’écrase en bas comme une merde ! Hilarité de la foule, je leur crie deux ou trois « connards ! » et c’est reparti. Un peu plus loin, ouf, soulagement enfin la casse mécanique tant attendue. La chaine bien malmenée par la boue a sauté et s’est entourée dans le moyeu et dans le pignon de SDB. Je me dis que c’est bon, c’est fini mais non ! Dans un champ à côté un paysan laboure, je le vois sauter de son tracteur et courir vers moi. Il me dit « c’est bon j’ai tout ce qu’il faut » va chercher une grosse clé à molette dans son tracteur force sur le boulon du pignon et tout se démêle. Putain, fait chiiiiiiiier ! faut continuer. Ca n’en finit jamais, arrive la spéciale. L’horreur totale, plus de banderolles, ni de piquets, arrachés par les concurrents en perdition, je la fais par acquit de conscience, façon course de lenteur (comme à aubusson JPP !). Je n’arrive plus à tenir le guidon, les gants complétement englués de boue, j’entoure des élastiques de chambre à air autour des poignées, avec des nœuds pour que ça accroche. Je peux enfin accélérer à nouveau. Plus tard, à moitié Zombi je suis doublé par un obus, Magnaldi sur son 80 fantic… mais comment il fait pour rouler comme ça ???? Il devait être en retard, car parti avant moi, et passablement énervé !

A force, au bout d’un temps non mesurable, je vois l’église de Chalais… encore quelques galères au milieu des potagers, et enfin, le CH d’arrivée. Je cherche mentalement une excuse pour ne pas repartir pour le deuxième tour, mais pas moyen : l’assistance a fait 600 bornes pour être là, je ne peux pas laisser tomber !
J’arrive au CH, on me chope mes lunettes, me donne à manger, et devant ma mine déconfite Hélène me dit « mais non couillon, le 2ème tour est annulé . Tu sais quelle heure il est ? 18h ! » Ouah, j’étais parti vers 10h, 8h pour faire 110 bornes, un record ! je ne sais plus combien on était à l’arrivée, mais pas beaucoup.
On nous a chargé directement derrière dans le J7 du club (JM Agulhon et moi) et arrivé sur le parking de l’hôtel, on nous a carrément nettoyé au jet, histoire de ne pas tout pourrir !

Le lendemain, on se pointe au départ : Grève ! Quelques uns repartiront, pour les points (bonne opération). Je décide d’essayer, je fais 100 m et sur le goudron, la moto se met à l’équerre, je manque de m’espoutir : pneu arrière crevé. J’ai pris ça pour un signe du destin, et du coup : la grèèèèèèèève camarade, y a que ça de vrai…

Sacré souvenir en tous cas, ma pauvre TF 3 avait pris un gros coup de vieux, plus de peinture sur le rotax, roulements, chaine et pignon morts, plus le distributeur rotatif découpé par un gravier avalé par le moteur (mais ça marchait quand même !).

L’épreuve suivante à Apt, sous le soleil nous a heureusement réconcilliés avec l’enduro…

Allez, à vous maintenant, j’attends avec impatience vos témoignages…

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
61 ans324324 messages 115115 images
Posté le 06-02-2011, à 17:07
Poulet, t'as bien fait de commencer par Chalais  😂
C'est le deuxième Enduro de ma vie.
Je suis arrivé là hyper confiant car je venais, 3 mois avant, de gagner  la catégorie 80 criterium à Privas et tout l'avenir de l'enduro était pour moi. Mouarf
Vu que je me suis entre temps pris quelques bons coups sur la tronche, je n'ai pas ta mémoire, mais je résumerais ce qui me revient à trois images:
Les montées en Kaolin blanc glissant comme ..... de la porcelaine mouillée où je me traînais à quatre pattes en poussant comme je pouvais le 80.
La spéciale interminable où je m'y reprenais à 10 fois pour passer la moindre difficulté et où, à force de jardiner, j'ai fini par tomber en panne d'essence :/ .
La veille, à l'hôtel, où j'ai côtoyé ma première star: Gilles Lemenager

Moto(s) : Fantic 80RC . What Else ?
61 ans324324 messages 115115 images
Posté le 06-02-2011, à 17:36
des hommes ! je vous dis  !
 
68 ans22232223 messages 8383 images
Posté le 06-02-2011, à 18:25
poulet48 à écrit:Bon, alors pour lancer le sujet,  je commence…

Oui, j’ai survécu à Chalais 82. Enfin survécu est un bien grand mot… j’ai fini, le premier jour, quoi, le deuxième ayant été le cadre d’une grève sauvage qui m’a bien arrangé je l’avoue.

Première épreuve du championnat 82, tout s’annonçait pour le mieux. JMO et moi avions été chargés de convoyer le jeune Alain Boissonnade, qui venait de signer chez Peugeot, et convoqué le vendredi après midi, sur place pour une séance de testing. Son frangin nous avait confié sa R17 TS  et nous somme partis tôt le vendredi matin, pour être à Chalais vers 14h.

Une fois là bas, je vous passe l’émerveillement de cotoyer le team officiel Peugeot, et notamment Daniel Delavault qui était une de nos idoles…

L’équipe du MCL est arrivée plus tard, transportant les motos et le matériel. Logés dans un hôtel sympa, on ne se doutait pas de ce qui allait nous arriver le lendemain. On rentre les motos au parc, mais déjà l’info circule comme quoi il a plu sans interruption 3 semaines avant la course, jusqu’au jeudi soir, et que ça risque d’être un peu humide.

Samedi matin, c’est mon tour ! Départ sur une petite passerelle en béton, ça coule fort dessous… hum !La peur au ventre j’écoute le tit-tit-tit tiiiiiiiiiiit de l’horodatrice et c’est parti, je kicke ma 250 TF3 ça démarre du premier coup. Je pars avec 2 jeunes en 125 SWM… Je ne les reverrai jamais !!!
On traverse un lotissement, 2 ou 3 virages à angle droit et le premier chemin, tracé au bull dans une lande qui a brûlé. Fastoche, c’est un peu gras, sans plus ; tiens, une flaque. Pas moyen de l’éviter, le chemin est creusé, entouré de 2 talus. Ah mais c’était pas une flaque ! Mais un gouffre, la moto y rentre en entier, il y a juste le guidon qui sort, j’ai de l’eau jusqu’à la taille ! Heureusement la moto est neuve y a des chevaux, et elle s’extrait de là en force… mes deux compères du départ y termineront leur enduro, moto noyée !

Après on s’enfonce dans les bois, des chemins de tracteurs, dont les 2 ornières sont pleine d’eau, et au milieu s’est formé une ornière étroite faite par les motos, et glissante ! les muscles du dos en feu (on roule les deux pieds en skis en permanence) il faut en plus s’enfiler des gouffres sans fond. Je sors un mec en KTM qui a calé dans un des ces trous et qui est coincé sous sa moto, arrivant juste à maintenir sa tête hors de l’eau… L’enfer ! en plus le bras « banane » des TF3, si joli, se pose sur les bords de l’ornière et soulève la roue arrière : ne surtout pas ralentir sous peine de blocage !
1er CH, Jean marc est là, et me dit que tous les inters pointent en retard. Moi aussi bien sûr…
A la sortie du contrôle une grande montée dans la marne, des épaves partout, ça remonte le moral !!! Ma fidèle swoume me hisse en haut, sur le plateau qui suit, c’est l’apocalypse ! On serpente dans les marnes, ça glisse comme du verglas et il y a plein de grandes saignées qui ne demandent qu’à nous engloutir ! Je reconnais la 175 SWM de Cassignol, plantée dans une crevasse comme le Titanic, roue arrière à 80 cm du sol !

Après ça se calme un peu, on roule dans les vignes, ça glisse terriblement, il faut serrer les fesses. Je ne me souviens plus de tout mais deux trois anecdotes que peut être d’autres ici on connu…
A moment donné on roulait sur une voie rapide, construite sur un talus, puis d’un coup à côté d’un pont, la foule… Je me dis « ça doit craindre » . Le circuit quitte la route vers la droite, dans les fougères. Sans freins depuis un moment, j’arrive à ralentir, je tourne et me trouve face à un mur d’au moins 4 mètres, à pic ! c’est le circuit, oui oui ! Impossible de m’arreter je m’y jette avec un peu d’élan, et bien sûr m’écrase en bas comme une merde ! Hilarité de la foule, je leur crie deux ou trois « connards ! » et c’est reparti. Un peu plus loin, ouf, soulagement enfin la casse mécanique tant attendue. La chaine bien malmenée par la boue a sauté et s’est entourée dans le moyeu et dans le pignon de SDB. Je me dis que c’est bon, c’est fini mais non ! Dans un champ à côté un paysan laboure, je le vois sauter de son tracteur et courir vers moi. Il me dit « c’est bon j’ai tout ce qu’il faut » va chercher une grosse clé à molette dans son tracteur force sur le boulon du pignon et tout se démêle. Putain, fait chiiiiiiiier ! faut continuer. Ca n’en finit jamais, arrive la spéciale. L’horreur totale, plus de banderolles, ni de piquets, arrachés par les concurrents en perdition, je la fais par acquit de conscience, façon course de lenteur (comme à aubusson JPP !). Je n’arrive plus à tenir le guidon, les gants complétement englués de boue, j’entoure des élastiques de chambre à air autour des poignées, avec des nœuds pour que ça accroche. Je peux enfin accélérer à nouveau. Plus tard, à moitié Zombi je suis doublé par un obus, Magnaldi sur son 80 fantic… mais comment il fait pour rouler comme ça ???? Il devait être en retard, car parti avant moi, et passablement énervé !

A force, au bout d’un temps non mesurable, je vois l’église de Chalais… encore quelques galères au milieu des potagers, et enfin, le CH d’arrivée. Je cherche mentalement une excuse pour ne pas repartir pour le deuxième tour, mais pas moyen : l’assistance a fait 600 bornes pour être là, je ne peux pas laisser tomber !
J’arrive au CH, on me chope mes lunettes, me donne à manger, et devant ma mine déconfite Hélène me dit « mais non couillon, le 2ème tour est annulé . Tu sais quelle heure il est ? 18h ! » Ouah, j’étais parti vers 10h, 8h pour faire 110 bornes, un record ! je ne sais plus combien on était à l’arrivée, mais pas beaucoup.
On nous a chargé directement derrière dans le J7 du club (JM Agulhon et moi) et arrivé sur le parking de l’hôtel, on nous a carrément nettoyé au jet, histoire de ne pas tout pourrir !

Le lendemain, on se pointe au départ : Grève ! Quelques uns repartiront, pour les points (bonne opération). Je décide d’essayer, je fais 100 m et sur le goudron, la moto se met à l’équerre, je manque de m’espoutir : pneu arrière crevé. J’ai pris ça pour un signe du destin, et du coup : la grèèèèèèèève camarade, y a que ça de vrai…

Sacré souvenir en tous cas, ma pauvre TF 3 avait pris un gros coup de vieux, plus de peinture sur le rotax, roulements, chaine et pignon morts, plus le distributeur rotatif découpé par un gravier avalé par le moteur (mais ça marchait quand même !).

L’épreuve suivante à Apt, sous le soleil nous a heureusement réconcilliés avec l’enduro…

Allez, à vous maintenant, j’attends avec impatience vos témoignages…
bon je voie que chalais a laisser des traces pour certain ! moi et le frangins nous avons connu cette enduro galère ! malheureusement nous avons pas fini par faute d une assistance trop juste au vu des condition climatique ,panne d essence tous bêtement véridique !!   mais quant je lie ton histoire c était bien sa ! nous ont la fait avec des 125 fantic modèle 1980! il y en avait des motos tankes dans la boue ou en panne  ! mais se fut une experience constructive par la suite !  😎

BRUNO . team paysantini avanti .Moto(s) : Monark , fantic .
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 06-02-2011, à 18:40
francis Macé à écrit:Poulet, t'as bien fait de commencer par Chalais  😂
C'est le deuxième Enduro de ma vie.
Je suis arrivé là hyper confiant car je venais, 3 mois avant, de gagner  la catégorie 80 criterium à Privas et tout l'avenir de l'enduro était pour moi. Mouarf
Vu que je me suis entre temps pris quelques bons coups sur la tronche, je n'ai pas ta mémoire, mais je résumerais ce qui me revient à trois images:
Les montées en Kaolin blanc glissant comme ..... de la porcelaine mouillée où je me traînais à quatre pattes en poussant comme je pouvais le 80.
La spéciale interminable où je m'y reprenais à 10 fois pour passer la moindre difficulté et où, à force de jardiner, j'ai fini par tomber en panne d'essence :/ .
La veille, à l'hôtel, où j'ai côtoyé ma première star: Gilles Lemenager
J'avais commencé avant, mais j'avoue que ça, j'avais jamais vu!
C'était donc du kaolin, pas de la marne... ça glisse encore plus effectivement...

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
63 ans33303330 messages 195195 images
Posté le 06-02-2011, à 18:43
Un enfer et des regrets , beaucoup de regrets !!!  😢  😢  😢  😢  😢

DIDIER- Team Paysantini Avanti
Et pourtant la vie continue ...
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 06-02-2011, à 19:47
Sûr qu'avec un 125 fantic (ou un 80 comme Francis!) ça devait être hard!!!
Personne pour nous raconter Le Corbier 74? (Quel fantasme de lire le reportage sur les revues à l'époque!)

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
55 ans1121911219 messages 569569 images
Posté le 06-02-2011, à 20:06
Dans un champ à côté un paysan laboure, je le vois sauter de son tracteur et courir vers moi. Il me dit « c’est bon j’ai tout ce qu’il faut » va chercher une grosse clé à molette dans son tracteur force sur le boulon du pignon et tout se démêle. Putain, fait chiiiiiiiier ! faut continuer.

merci  poulet    pour ce récit 
       

j adiore  le passge que j ai cité  en gras    😄   😄   😄
le canari

le canari , Co-Webmaster du site  SUZUKI PURE ENDURO FRANCE
63 ans33303330 messages 195195 images
Posté le 06-02-2011, à 20:09
poulet48 à écrit:Sûr qu'avec un 125 fantic (ou un 80 comme Francis!) ça devait être hard!!!
Personne pour nous raconter Le Corbier 74? (Quel fantasme de lire le reportage sur les revues à l'époque!)
En tout cas tu as fini le tour Pascal et ça c'est génial pour toi ! Chapeau bas !  😉 

DIDIER- Team Paysantini Avanti
Et pourtant la vie continue ...
63 ans33303330 messages 195195 images
Posté le 06-02-2011, à 20:18
Le Canari à écrit:Dans un champ à côté un paysan laboure, je le vois sauter de son tracteur et courir vers moi. Il me dit « c’est bon j’ai tout ce qu’il faut » va chercher une grosse clé à molette dans son tracteur force sur le boulon du pignon et tout se démêle. Putain, fait chiiiiiiiier ! faut continuer.

merci  poulet    pour ce récit 
       

j adiore  le passge que j ai cité  en gras    😄   😄   😄
le canari
Il a du avoir peur de s' faire engeuler l'Poulet quand le paysan , heu.... , l'agriculteur a bondi telle un diable   😄  . Au faite t'est sûr qu'il labourait le gars , parce que vu la pluie ............. Nous ont savaient qu'il avait flotter au moins toute la nuit du vendredi au samedi vu qu'ont avaient dormis a trois dans le break ford d'un pote , bonjour le premier enduro !  :/ :/ :/

DIDIER- Team Paysantini Avanti
Et pourtant la vie continue ...
66 ans42404240 messages 472472 images
Posté le 06-02-2011, à 20:21
Oui peut être qu'il faisait autre chose... En tous cas c'est vrai que quand je l'ai vu arriver en courant je me suis dit que c'était peut être putain, j'en ai chopé un, ça va charcler!. Mais c'était pire!.... :/

Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du malMoto(s) : BPS 125 SE6J 75 & 76 - Herculès 250 76 - Bultaco Matador SD 71
63 ans33303330 messages 195195 images
Posté le 06-02-2011, à 20:24
poulet48 à écrit:Sûr qu'avec un 125 fantic (ou un 80 comme Francis!) ça devait être hard!!!
Personne pour nous raconter Le Corbier 74? (Quel fantasme de lire le reportage sur les revues à l'époque!)
Pas trop facile en effet vu le couple des engins , mais ça passait ! 

C'est vrai que le Corbier raconté pas nos héros ont attend ça avec impatience .  😲 

DIDIER- Team Paysantini Avanti
Et pourtant la vie continue ...
71 ans32103210 messages 117117 images
Posté le 07-02-2011, à 15:36
A part Chalais et le Corbier, les autres j'y suis all

Moto(s) : KTM
59 ans90729072 messages 45734573 images
Administrateur
Posté le 07-02-2011, à 15:43
Salut,

Pas vraiment un enduro catastrophe, mais mon PREMIER vrai enduro... souvenir impérissable !  🙄 


“Le circuit est cassant, les temps sont très larges, nous ne saurions trop conseiller aux débutants, même confirmés, de ne pas attaquer comme des malades, ils le regretteraient vide en se trouvant vidés avant d'avoir fini le premier tour. Enroulez !! »

Ces avertissements, lus à la va-vite avant le départ de l'épreuve, prennent toute leur signification lorsque je relis le document au lendemain de l'épreuve de Privas. Pour mon deuxième enduro, le hasard du calendrier a voulu que je me lance sur cette étape réputée difficile du championnat de ligue de Provence. Je n'ai pas été déçu …

Privas, dimanche 25 avril 04, 09h57, le signal du départ vient de nous être donné. Starter, 3-4 coups de kick, le 300 s'ébroue et, sans lui laisser de chauffer plus, je m'élance en seconde derrière les 3 autres pilotes de ma ligne, Stéphane et Philippe (avec lesquels j'ai effectué le déplacement) et un inconnu en 125 KX. Je pars sur un filet de gaz, en ayant à l'esprit le superbe claquage de bougie dont nous a gratifié il y a quelques minutes un concurrent parti plein gaz sur son 250 EC. Ma machine n'est pas sujette à ça, mais ça me gonflerai un peu de sortir la banane sur l'aire de départ, donc j'assure.
Nous accédons au CH1 par la route, en quelques minutes. C'est à partir de là que les hostilités commencent.

CH1-CH2, 23 Km, 40mn. Nous attaquons d'entrée par un sentier agrémenté de pierres et de racines se charge de nous chauffer les bras. Stéphane et Philippe, pressés d'en découdre, partent fort. Un peu trop pour moi, je préfère économiser mon physique en adoptant un rythme moins soutenu.
Ce premier tronçon est relativement roulant. A l'approche du CH2, sur une piste qui descend en lacets vers la vallée, j'aperçois mes 2 compagnons un virage en dessous, à moins d'une minute. Arrivé au CH avec 7 ou 8 minutes d'avance, je me fais une idée plus précise de la cadence à adopter. Je commence à avoir un peu mal au bras, mais ça devrait aller …

CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. La spéciale banderolée se situe sur le début de ce tronçon. Ayant effectué une reconnaissance la veille, je me souviens des 2-3 passages délicats. Je m'élance, bataille un peu pour placer la moto dans les premières épingles, puis termine la spéciale sans commettre de faute, si ce n'est un faux point mort dans l'ultime virage du parcours, là évidemment où sont massés la majorité des spectateurs… Bilan, 3'31, pas terrible, mais surtout le physique n'a pas apprécié ce rythme soutenu. Je repars en enroulant, espérant récupérer sur une partie un peu roulante. Le hic, c'est que je ne suis pas près de la voir, cette partie roulante. Le sentier que nous suivons commence à serpenter au pied d'une belle pente, c'est très sympa, jusqu'à cette bifurcation qui nous place dans la direction du sommet, sur un superbe chemin rocailleux qui doit être plus difficile à pied qu'à moto … Je me cale en seconde et suis les lacets serrés qui me paraissent interminables…
Heureusement, tout a une fin. Le sentier débouche sur la spéciale en ligne, non chronométrée au premier tour. Plus de bras, plus de souffle, j'enroule sans vraiment la reconnaître, mais également sans en voir la sortie, ce qui n'est pas gênant sur l'instant mais le sera beaucoup plus au tour suivant.
Cette partie du parcours ne m'épargne pas ; aux longs pierriers que je finis par aborder assis (plus de jambes, le 300 monte tout seul, en seconde sur un filet de gaz, merci Mr Gasgas) succèdent de copieuses descentes plus physiques encore. Je vis l'arrivée sur le CH2 comme un délivrance. Stéphane et Philippe sont là depuis 5 mn, il m'en reste une petite dizaine pour tenter de récupérer avant d'y retourner. Je bois comme une bonde et me gave de bidules énergétiques pendant que ces dames de notre assistance s'occupent du plein de la moto.
En remontant sur la moto, j'entends une bribe de conversation : « putain, il y a moins de bornes et plus de temps pour rallier le CH1, on va en chier… ».

CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Les pierriers et les descentes de ce tronçon, s'ils sont toujours aussi copieux, présentent l'avantage d'être entrecoupés de parties plus roulantes qui me permettent de respirer un peu. J'adopte un rythme carrément rando, avec pour objectif de sauvegarder impérativement le peu de forces qui me reste. A cette allure, l'impératif est de ne pas s'arrêter et de ne pas se louper. Une seule bonne galère, la moto à pousser ou à relever, et ce serait à coup sûr le coup de grâce ! Je m'applique à rouler propre, je passe du premier coup les quelques passages délicats et rallie finalement le CH1, toujours 5 mn après mes potes mais encore dans les temps… Je ne suis pas fatigué, je suis éclaté, mais l'état des autres pilotes étant proche du mien je n'envisage pas d'arrêter et repars pour une deuxième boucle.

2 ème tour, CH1-CH2, 23 Km, 40 mn. C'est vrai que c'est plus facile lorsque l'on sait a peu près ce qui nous attend, et qu'en plus 350 motos se sont chargé de virer les plus gros cailloux du milieu de la trace. J'ai encore baissé le rythme, les concurrents des vagues suivantes commencent à me doubler. Mais d'où sortent-ils cette énergie ?? Lorsque j'entends un moteur derrière moi, instinctivement je remets du gaz pour ne pas bouchonner et me décale dès que possible pour laisser passer ces brutes et reprendre une allure adaptée à mes petits bras. Mais s'écarter de la trace n'est toujours pas une bonne idée, je frappe fort de la roue arrière, qui passe immédiatement devant la roue avant et je chute comme une merde sous les yeux médusés des deux Yam qui me rattrapaient. Les 2 types repartent dès que je suis sur pied, le Gas est dans les broussailles, en vrac, je mets une bonne minute à le sortir de là, je suis vert. J'arrive au CH2 un peu court, seulement 3 ou 4 minutes d'avance. J'apprends que Philippe jette l'éponge, à bout de forces, Stéphane a des crampes aux avant-bras mais repart, je repointe donc avec lui pour la portion suivante dans laquelle j'ai tant galéré au premier tour…

2 ème tour, CH2-CH3, 33 Km, 1h15mn. Je n'ai pas eu le temps de reprendre mon souffle avant d'arriver sur la spéciale banderolée, dans laquelle je me lance avec l'objectif premier de limiter les dégâts. Je force l'allure et m'efforce de rouler propre, mais dès le premier tiers du parcours un début de crampe me tue le bras droit. Pas top pour freiner fort ! Je fais ce que je peux, ne commets pas d'erreur (encore heureux à cette vitesse…) et boucle ce chrono dans la même seconde qu'au premier tour. Constant, quoi…

Je quitte la spéciale en jetant un œil inquiet vers le pan de montagne où j'en ai tant chié au premier tour, et vers lequel je me dirige maintenant (enfin, la moto se dirige…).

Le sentier rocailleux tient ses promesses, il me vide de mes dernières forces. J'arrive à l'agonie à l'entrée de la spéciale en ligne. J'essaie vainement d'attaquer sur les trente premières secondes, mais en entrant trop fort dans les courbes je n'ai pas l'énergie de tenir la moto et sors systématiquement trop large. Je reprends donc mon petit train de sénateur (en pleine spéciale !), le type parti 10 secondes derrière moi me dépasse à l'endroit où j'imagine se trouver la fin de la spéciale. Bizarre, je ne vois pas la cellule de sortie, c'est peut-être plus loin ? Je ré accélère un peu, assure sur deux dévers au fond desquels je ne me vois vraiment pas finir, toujours pas de cellule, ah un bout de banderole c'est peut-être là. Je passe une sorte de goulet et rend la main. Un 250 GAS me double alors, le couteau entre les dents, merde c'est pas la fin ? Je lui emboîte le pas, il me tire sur quelques lacets et on débouche enfin sur un chemin plus large. J'apprendrai plus tard que la fin de la spéciale se trouvait là… Bilan, 4'48, soit une vingtaine de secondes de plus que mes compagnons de jeux habituels.
Les chronos sont terminés, y'a plus qu'à rentrer à la maison, ou presque. Je suis toujours à l'agonie, je m'en remets complètement à la moto pour me tracter dans les côtes qui se succèdent. Un impératif, ne pas s'arrêter, ne pas tomber, rallier ce p.. de CH3 dans les temps, me reposer sur le dernier tronçon et me taper une bière fraîche au bar qui borde le parc fermé.
Je me traîne donc jusqu'au CH3, toujours sans pénalité. Royal !! Dans ma tête, l'épreuve est finie. Eh ben non…

2 ème tour, CH3-CH1, 32 Km, 1h20mn. Cette dernière partie, que j'avais trouvé sympa au premier tour, sera un véritable chemin de croix. Je suis mort, plus de bras, plus de jambes, je fais 30 bornes assis. Juste après un CP, un sentier fort sympathique mi-terre mi-sable (en temps normal, j'adore) serpente entre les arbres avant de finir en grimpette sur une quinzaine de mètres. J'aborde la côte en première, en me disant que je fais une connerie mais que ça passera peut-être. Puis j'aperçois une dizaine de spectateurs sur la droite, et à ce moment précis je sais que ça ne passera pas. Quand il y a du monde, tu peux être sûr qu'il y a de la gamelle dans l'air ! Effectivement, à mi-côte, je patine, m'immobilise, reste 2 secondes en équilibre à tenter de trouver le sol côté aval, mais comme il me manque à cet instant au moins 30 cm de jambe gauche, la moto bascule et je me retrouve une jambe coincée sous la machine, tête et guidon vers le bas, à gueuler comme un putois. Impossible de sortir la botte de sous la machine, je gueule à nouveau à l'intention du groupe, et finalement un mec descend pour me relever la moto. Le saint homme. Je fais le tour de la machine, reprend mon souffle, et commence à m'escrimer sur le kick, moteur en prise et sélecteur inaccessible.
Je profite d'ailleurs de l'occasion pour envoyer un appel solennel aux constructeurs d'enduros 2T : METTEZ-NOUS DES DEMARREURS ELECTRIQUES !! Fin de la parenthèse.
Le 300 repart finalement au 4 ème coup de kick. J'enfourche la moto, passe la 2, martyrise l'embrayage sur la moitié restante de la côte, et reprend mon souffle en enroulant sur la piste enfin atteinte. Surtout, ne plus perdre de temps, atteindre le CH dans les temps !

J'arrive sur une des dernières difficultés, un ruisseau dont nous longeons le fond pendant quelques minutes, avec en point d'orgue un passage sur des palettes en bois suivi d'une marche grassouillette (le ruisseau n'est pas à sec). Bon, il y a des spectateurs plein de boue, ils poussent donc ça va passer. Je descends donc en seconde dans le trou, en visant les palettes, mais comme je n'ai plus de bras (je l'ai déjà dit, non ?) je loupe l'entrée de la trace et pose la roue avant à côté de la palette. Dernière solution avant l'engluement, les gaz. Je me cramponne au guidon, tourne la poignée en jouant sur l'embrayage ; le 300 s'arrache du fond, je tape la roue avant sur le milieu de la marche, l'avant se lève, l'arrière accroche la palette, tape à son tour la marche et je me retrouve tout étonné (mais moins que les spectateurs présents !) en haut de la difficulté. Je sors enfin du ruisseau, en folie, les lunettes à la main, et m'arrête au CP tout proche. Voyant ma tête, le type qui pointe mon carton me demande si je ne veut pas donner ma moto. Je n'ai pas la force de lui répondre, je suis à l'agonie, mais je sais que le CH1 est proche, que les difficultés sont derrière moi, et la seule inconnue reste le chrono.
Dernier sentier en descente, truffé de pierres et de racines, en fait le premier que nous avons emprunté ce matin, j'aperçois les voitures d'assistance. En arrivant au CH1, je cherche des yeux la KTM de Stéphane. Il est là, devant les drapeaux jaunes, à attendre l'heure de pointage. 5 mn d'avance, y'a rien là…

CH1-Parc fermé. Les derniers kilomètres s'effectuent par la route, c'est enfin l'occasion de passer la 6. On rentre les motos au parc, puis on retrouve notre staff à la terrasse du bar voisin. Je vire tout l'attirail et m'affale sur la première chaise disponible. Patron, une pression…

Que des Yam ! 😍
Ce sujet ne contient pas encore d'image
Ce sujet ne contient pas encore de vidéo
1 2 Suivant >>
1 Suivant >>
87 connectés : 1 membres : broualfrancois, 86 invités et 67 Robots d'exploration.
LeGuideVert.com
87 connectés : 1 membres : broualfrancois, 86 invités et 67 Robots d'exploration.
87 connectés : 1 membres : broualfrancois, 86 invités et 67 Robots d'exploration.